Alors que la grève des cliniciens et infirmiers se poursuit, la Société kenyane d'obstétrique et de gynécologie alerte sur une multiplication des accouchements à domicile et des décès évitables.
Publié le 31 août 2026 à 13:12 — mis à jour le 10 octobre 2026 à 12:36

Ecouter l'article
Une femme en travail, sans sage-femme, sans médecin, quelque part dans une communauté pastorale du Kenya. Ce n'est plus un cas isolé. C'est devenu, semaine après semaine, une scène qui se répète pendant que la grève des cliniciens et des infirmiers paralyse les hôpitaux publics du pays.
La Kenya Obstetrical and Gynaecological Society (KOGS) tire la sonnette d'alarme : hémorragies du post-partum avancées, éclampsies sévères, ruptures utérines, détresses fœtales graves, autant de cas qui arrivent trop tard dans des structures de référence déjà submergées, comme le Moi Teaching and Referral Hospital.
« L'accouchement ne peut pas attendre la fin d'un conflit social. Chaque décès maternel ou néonatal évitable est une tragédie que nous devons ensemble empêcher », résume le docteur Richard Mogeni, président de la branche North Rift de la KOGS. Les médecins réclament des négociations immédiates, un financement d'urgence pour les ambulances et le matériel médical, ainsi que des corridors de transfert maternel disponibles 24 heures sur 24.
Cette crise ne touche pas seulement les statistiques nationales de mortalité maternelle. Elle touche la confiance d'une génération de jeunes Kényanes envers un système de santé publique censé les protéger au moment le plus vulnérable de leur vie.
Un continent qui veut voir sa population doubler d'ici 2050 ne peut pas se permettre de perdre des mères et des nouveau-nés faute d'accord salarial entre un gouvernement et son personnel soignant.
Combien de temps un pays peut-il laisser ses hôpitaux publics à l'arrêt avant que le prix humain ne devienne insupportable ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…