Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a lancé à Bamako la phase opérationnelle d'une stratégie nationale de lutte contre la mendicité, dotée de plus de 5 milliards de FCFA sur la période 2026-2028.
Publié le 27 septembre 2026 à 09:27 — mis à jour le 8 octobre 2026 à 13:45

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Un enfant tendant la main à un feu rouge de Bamako, c'est une image que la plupart des Maliens connaissent trop bien pour encore s'en étonner. Le gouvernement a décidé, le 24 septembre, de ne plus s'en contenter : le Premier ministre Abdoulaye Maïga a lancé ce jour-là la phase opérationnelle d'une stratégie nationale de lutte contre la mendicité, un document adopté en juin et validé par décret en août.
Selon La Nouvelle Tribune, le plan d'actions couvre la période 2026-2028 et mobilise plus de 5 milliards de FCFA, un montant déjà présenté en juin à l'Organisation internationale du travail. Bamada.net précise que l'approche s'articule autour de quatre axes : développer des alternatives économiques pour les familles vulnérables, renforcer la responsabilité parentale, encadrer les écoles coraniques et intégrer progressivement l'enseignement religieux au système éducatif national.
« La protection de l'enfant, la responsabilisation des familles, l'accompagnement des maîtres coraniques, l'éducation inclusive et la réinsertion », a résumé le chef du gouvernement, cité par Studio Tamani. L'Unicef évaluait en 2018 à 2,4 millions le nombre d'enfants maliens engagés dans des travaux dangereux, la mendicité forcée figurant parmi les plus préoccupants.
S'attaquer à la mendicité des enfants, c'est reconnaître que la pauvreté urbaine ne se résout pas par la répression des symptômes, mais par la transformation des causes économiques et sociales qui la nourrissent. C'est un test que devront réussir la plupart des pays sahéliens d'ici 2050, alors que leur population de moins de 15 ans continue de croître plus vite que leurs capacités d'accueil scolaire et social.
Une stratégie budgétée changera-t-elle le quotidien des enfants des rues de Bamako, ou restera-t-elle un document de plus dans les tiroirs de l'administration malienne ?
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