À Abuja, des dizaines de leaders religieux ont signé un accord interconfessionnel pour la paix, quelques mois après des propos très critiqués de Donald Trump sur le traitement des chrétiens au Nigeria.
Publié le 14 août 2026 à 13:26 — mis à jour le 17 septembre 2026 à 00:34

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Plus de 200 millions d'habitants, presque à parts égales entre un nord majoritairement musulman et un sud largement chrétien. Sur cette ligne de faille, souvent instrumentalisée de l'extérieur, plus de 50 leaders religieux ont choisi de s'asseoir côte à côte. Ce mercredi 12 août 2026 à Abuja, des chefs musulmans et chrétiens ont signé un accord interconfessionnel de paix, donnant naissance à une nouvelle structure destinée à promouvoir l'harmonie religieuse dans le pays.
La scène a une portée symbolique forte, l'archevêque John Praise Daniel, président des leaders religieux chrétiens du Nord, et le sultan de Sokoto, Muhammadu Sa'ad Abubakar, autorité suprême de l'islam nigérian, ont échangé côte à côte lors d'une rencontre intitulée « Religion et construction de l'harmonie sociale ». L'accord a été signé dans le cadre d'une conférence internationale organisée par la Ligue Islamique Mondiale, une ONG basée en Arabie saoudite.
Cette initiative intervient dans un contexte particulier. En novembre 2025, le président américain Donald Trump avait qualifié le Nigeria de pays « déshonorant », menaçant d'une intervention militaire au motif du traitement réservé aux chrétiens face aux violences islamistes. Or, selon les analystes et organisations de défense des droits humains, les groupes comme Boko Haram et la Province ouest-africaine de l'État islamique, actifs depuis plus de quinze ans, ont fait des victimes majoritairement musulmanes dans le nord-est du pays, même si des chrétiens ont également été tués.
Aucune référence directe aux propos de Trump n'a été faite dans les communiqués officiels liés à l'accord. Mais le timing, à l'approche des élections de 2027, n'échappe à personne.
Un accord signé par des leaders religieux suffira-t-il à désamorcer des années de récits communautaires opposés, largement alimentés par les réseaux sociaux et parfois par des puissances étrangères ?
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