À Cotonou, l'État et ses partenaires ont remis un chèque record à près de 95 000 producteurs touchés par les caprices de la pluie. Un test grandeur nature pour l'assurance agricole made in Afrique.
Publié le 10 août 2026 à 12:54 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 10:14

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Un chèque. Et derrière, presque 95 000 visages qui ont vu leurs champs de riz et de coton trahis par le ciel. Le 7 août 2026 à Cotonou, le gouvernement béninois et ses partenaires assureurs ont remis 561,8 millions de FCFA d'indemnisations aux producteurs sinistrés de la campagne 2025-2026, selon les chiffres publiés par le portail officiel du gouvernement, gouv.bj.
Sur cette enveloppe, 376,8 millions de FCFA reviennent aux riziculteurs et 185 millions aux cotonculteurs, précise le site gouvernemental. La cause ? Des pertes de rendement liées aux dérèglements climatiques, qui fragilisent une agriculture encore trop dépendante de la pluviométrie. Le mécanisme derrière ce paiement porte un nom technique, l'assurance agricole indicielle multirisque, lancée en 2024. Mais son objectif est simple : que produire ne rime plus avec tout perdre.
94 905 producteurs ont été couverts cette année, avec une prime prise en charge à 80% par l'État, rapporte le site officiel. « Ces montants seront versés directement à ces sinistrés afin de leur permettre de préserver leur capacité de production et de préparer sereinement la prochaine campagne », a expliqué le ministre de l'Agriculture, Adin Yeton Blokounon Goubalan, cité par La Nouvelle Tribune. Le Luxembourg et la Suisse, partenaires du projet depuis 2024, saluent eux aussi la démarche.
Le riz reste pourtant un talon d'Achille national : le Bénin en a importé 1,81 million de tonnes en 2024, pour 428,5 milliards de FCFA, rappelle La Nouvelle Tribune. Cette assurance agricole peut-elle vraiment changer la donne pour la souveraineté alimentaire du pays ? Le gouvernement vise déjà 122 000 producteurs couverts pour 2026-2027. La vraie question, elle, reste entière : l'Afrique de l'Ouest peut-elle se nourrir elle-même avant la fin de la décennie ? Et vous, qu'en pensez-vous ?
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