Le maire Nathanaël Koty interdit toute manifestation liée au culte traditionnel Egungun sur le territoire communal, le temps de réorganiser sa représentation.
Publié le 20 septembre 2026 à 08:59 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 05:34

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Un tambour qui ne doit plus résonner à Abomey-Calavi. Depuis peu, tout un culte ancestral se retrouve suspendu sur simple décision municipale.
Le maire d'Abomey-Calavi, Nathanaël Koty, a pris un arrêté daté du 18 septembre 2026 suspendant formellement toute manifestation liée au culte Egungun sur le territoire communal. Cérémonies publiques, processions, organisation logistique, facilitation administrative ou matérielle : tout est visé, précise la note officielle transmise aux chefs de couvents traditionnels.
Le culte Egungun, hérité du monde yoruba, honore les ancêtres à travers des rites où des initiés incarnent les esprits des défunts devant la communauté. Une pratique ancienne, profondément enracinée dans le sud du Bénin, que la municipalité ne cherche pas à interdire définitivement mais à suspendre, le temps de conclure un processus de réorganisation de la représentation du culte à l'échelle communale, confirme l'arrêté. Les contrevenants s'exposent à des poursuites judiciaires, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur au Bénin, avertit la mairie, qui a lancé une mise en garde ferme aux responsables des couvents.
Derrière cette mesure administrative se joue une tension plus vieille que la mairie elle-même : celle entre l'autorité de l'État moderne et les organisations traditionnelles qui structurent, depuis des siècles, la vie spirituelle de communautés entières. Qui a le droit de dire qui représente légitimement un culte ancestral ? La question dépasse Abomey-Calavi et interroge la place que l'Afrique de demain réserve à ses propres cosmogonies face à des administrations qui, pour organiser, finissent parfois par trancher dans le vif d'un patrimoine immatériel.
Une Afrique qui se rêve souveraine et fière de ses cultures ne peut se contenter de gérer ses traditions comme de simples dossiers administratifs à classer : elle devra, à l'aube de 2050, inventer un cadre où mémoire ancestrale et gouvernance locale avancent ensemble plutôt qu'en se neutralisant.
Faut-il un arrêté municipal pour réorganiser un culte séculaire, ou la communauté aurait-elle dû trancher elle-même en interne ?
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