Deux mois après son investiture, le chef de l'État béninois signe son premier décret de grâce présidentielle, sans effacer les dettes ni les obligations envers les victimes.
Publié le 3 août 2026 à 13:15 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 18:48

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Trois cent soixante-neuf portes de cellule qui s'ouvrent le jour même de la fête nationale. Voilà le geste posé par Romuald Wadagni, deux mois à peine après son investiture à la tête du Bénin.
Le décret n°2026-546, signé le 31 juillet, porte sa signature et celle du Conseil supérieur de la magistrature, dont l'avis motivé a précédé la décision, selon Les 4 Vérités.
C'est la toute première grâce présidentielle de son mandat, entamé le 24 mai dernier. Le tribunal d'Abomey-Calavi arrive en tête avec 73 bénéficiaires, suivi d'Abomey, de Cotonou, de Djougou et de Pobè. À Dassa-Zoumè, un seul détenu est concerné. Même la CRIET et la Cour spéciale des affaires foncières, réputées intraitables, ont vu certains de leurs condamnés graciés : dix pour la première, deux pour la seconde, rapporte La Nouvelle Tribune.
Mais attention, gracier n'efface rien. Les sommes détournées restent dues, les amendes aussi, et les victimes d'escroquerie ou d'abus de confiance gardent leur droit à indemnisation. Seule la peine privative de liberté restant à purger disparaît.
Un État qui punit sait aussi pardonner, à condition que la dette envers les victimes demeure. C'est ce pari qu'a fait Wadagni, un ancien ministre des Finances devenu chef d'État, en choisissant le jour de l'indépendance pour l'assumer publiquement.
Reste une question qui dépasse le Bénin : combien d'autres chefs d'État africains oseront lier clémence et responsabilité financière, au lieu de choisir l'un contre l'autre ?
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