Le ministère de la Culture lance une phase pilote de licences pour les producteurs et diffuseurs de spectacles, du 15 septembre au 14 octobre 2026. Caution bancaire à la clé.
Publié le 29 juillet 2026 à 15:01 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 02:24

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Cinq millions de francs CFA de caution bancaire, rien que pour organiser une tournée. Voilà le genre de chiffre qui va faire réfléchir plus d'un promoteur d'événements en Côte d'Ivoire.
Le ministère de la Culture a annoncé le lancement d'une phase pilote pour la délivrance de licences de spectacles, prévue du 15 septembre au 14 octobre 2026, selon les informations communiquées par le département. Deux licences sont concernées.
La licence B, pour les producteurs, promoteurs et tourneurs, demande 5 millions de francs CFA de frais de dossier et 5 millions de caution bancaire. La licence C, pour les diffuseurs et exploitants de salles, cinémas, théâtres et centres culturels, demande 4,5 millions de frais de dossier et la même caution de 5 millions.
Et ce n'est pas un détail bureaucratique de plus. Le secteur de l'événementiel ivoirien fonctionne aujourd'hui largement à l'informel, entre salles sans normes de sécurité claires et tournées organisées sans garanties financières pour les artistes ou le public. Cette réforme s'inscrit dans une dynamique plus large de restructuration du ministère, qui sépare désormais création artistique et industries culturelles pour professionnaliser chaque volet.
Reste une question que beaucoup d'acteurs du secteur vont se poser tout bas : à ce niveau de frais et de caution, combien de jeunes promoteurs et producteurs indépendants pourront réellement suivre, face à des structures plus établies et mieux financées ? Le risque, avec ce type de barrière à l'entrée, c'est de professionnaliser un secteur tout en excluant une partie de celles et ceux qui le font vivre au quotidien.
La phase pilote d'un mois doit justement servir à ça : tester le dispositif, repérer les blocages, ajuster avant un déploiement plus large.
Une industrie culturelle qui se structure, c'est un pas de plus vers une économie créative africaine qui pèse enfin à sa juste valeur. Encore faut-il qu'elle reste accessible à ceux qui la construisent depuis la base.
Vous, si vous étiez promoteur culturel en Côte d'Ivoire, ce niveau de caution vous semblerait un gage de sérieux nécessaire, ou un obstacle de trop ?
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