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Du 29 avril au 3 mai, Dakar accueille pour la première fois la Biennale de la danse en Afrique avec 25 compagnies et le thème 'Je danse, donc nous sommes'. Une vitrine de la création africaine, mais pour qui ?
Publié le 3 mai 2026 à 13:10 UTC+0

Du 29 avril au 3 mai 2026, Toubab Dialaw et Dakar sont devenus le cœur battant de la création chorégraphique contemporaine. Pour la première fois, le Sénégal a accueilli la Biennale de la Danse en Afrique, une consécration portée par la vision de la légendaire Germaine Acogny à l’École des Sables.
Avec 25 compagnies venues de tout le continent, l’événement se veut un “soulèvement doux et puissant” sous le thème fédérateur :
Mais au-delà de la beauté des mouvements et de la ferveur des scènes, une question taraude le secteur : ce festival est-il une véritable plateforme d’échanges africains, ou reste-t-il une vitrine destinée à séduire un regard extérieur ?
Le constat est frappant : aujourd’hui, il est souvent plus facile pour une compagnie de danse dakaroise d’être programmée à Paris, Lyon ou Berlin que d’être invitée à Abidjan, Bamako ou Yaoundé. Malgré la vitalité artistique du continent, les réseaux de diffusion culturelle panafricains restent embryonnaires. Il n’existe toujours pas de politique régionale harmonisée capable de soutenir la circulation des œuvres africaines sur le sol africain.
Le FEMUA ou cette Biennale sont des réussites, mais ils fonctionnent trop souvent comme des îlots isolés plutôt que comme les maillons d’un réseau intégré. Tant que le financement des projets culturels dépendra majoritairement de soutiens extérieurs, le calendrier de la création africaine restera dicté par les priorités (et les agendas) des institutions occidentales.
Pour l’Afrique de 2050, la souveraineté ne sera pas seulement économique ou militaire, elle sera culturelle. Elle commence par la création d’un véritable circuit de diffusion interne. Pourquoi faut-il attendre des labels ou des programmateurs européens pour que les grands talents de notre continent soient reconnus à travers nos propres frontières ?
Le Sénégal, avec cette Biennale, se positionne clairement comme un pôle culturel continental majeur. En ancrant cet événement chez lui, il prouve qu’il est capable de structurer, d’organiser et de rayonner. Mais pour que la danse africaine appartienne enfin pleinement à l’Afrique, il faudra plus qu’un festival : il faudra des politiques culturelles nationales qui investissent massivement dans la circulation et le marché intérieur.
L’art est un puissant vecteur de repositionnement. Si les artistes africains parviennent à se produire et à vivre de leur art sur le continent, la question de savoir “pour qui” nous dansons ne se posera même plus. Nous danserons, tout simplement, parce que nous sommes.
L’Afrique a les talents et les scènes. À quand un vrai réseau qui relie les capitales africaines entre elles, au-delà des financements d’ailleurs ?
Source image de couverture : Observateur Info
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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