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Le 21 avril 2026, le gouvernement burkinabè a suspendu 359 associations. Une semaine plus tôt, 118 ONG avaient été dissoutes. Ibrahim Traoré avait déclaré début avril qu'il fallait oublier la démocratie. Scoop Afrique donne les deux faces de cette réalité.
Publié le 23 avril 2026 à 06:10 UTC

Le 21 avril 2026, le ministre d'État burkinabè chargé de l'Administration territoriale, Émile Zerbo, a signé un arrêté suspendant immédiatement 359 associations. Motif officiel : non-renouvellement de leurs instances dirigeantes, en violation de la loi du 17 juillet 2025 sur la liberté d'association. En clair : des problèmes administratifs. La réalité, selon HRW et Amnesty International, est bien plus large.
Cette vague de suspensions arrive une semaine après la dissolution de 118 ONG et associations de la société civile le 15 avril 2026, dont beaucoup travaillaient sur les droits humains. Et le 29 janvier 2026, tous les partis politiques avaient déjà été dissous. Le Burkina Faso est gouverné par une junte militaire depuis le coup d'État du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022.
En novembre 2025, un décret avait déjà forcé les ONG à fermer leurs comptes bancaires commerciaux pour les transférer dans une banque d'État. Au début du mois, Traoré avait déclaré publiquement que les Burkinabè devaient «oublier la démocratie». Ce n'était pas une métaphore.
Parmi les associations touchées figurent des organisations actives dans les droits humains, l'environnement, l'éducation et la solidarité. Des structures qui protègent notamment les femmes victimes de violences dans un pays en guerre contre le jihadisme depuis une décennie.
La junte Traoré gère une guerre réelle. Le Burkina Faso affronte des groupes armés qui ont fait des milliers de morts et plus d'un million de déplacés. La sécurité est une urgence que personne ne peut nier. Mais écraser la société civile ne protège pas les civils. Les organisations dissoutes étaient celles qui documentaient les violences, soutenaient les victimes et faisaient remonter les abus. Leur disparition ne rend pas le Burkina plus sûr. Elle le rend plus opaque.
Binta Sidibé Gascon, présidente de l'Observatoire Kisal, a résumé ce paradoxe : selon elle, cette décision «renforce un climat de peur qui paralyse l'activité civique indépendante».
L'Afrique 2050 dont on rêve ne se construit pas en faisant taire ceux qui la documentent. Le vrai patriotisme, c'est aussi accepter d'être observé.
Qu'est-ce que tu en penses ? La sécurité justifie-t-elle d'étouffer la société civile ?
Source Couverture : Capture vidéo RTBF
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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