Ibrahim Traoré a inauguré à Bobo-Dioulasso sa dixième usine depuis 2024, un complexe textile de 17 milliards de FCFA censé transformer le coton burkinabè sur place plutôt que de l'exporter brut.
Publié le 23 septembre 2026 à 12:08 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 23:42

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À Bobo-Dioulasso, le coton ne prend plus la route du port. Il reste sur place, se file, se tisse, se coud, et ressort en treillis pour les militaires ou en tee-shirts pour le marché local. C'est la promesse tenue, le 21 septembre, par le président de la transition Ibrahim Traoré, venu inaugurer lui-même le complexe textile TEXFORCES-BF de Logofourousso.
Dixième unité industrielle inaugurée personnellement par Traoré depuis son arrivée au pouvoir en 2024, rapporte L'Économiste du Faso, ce site représente à lui seul 17 milliards de FCFA d'investissement, financés par les caisses de prévoyance sociale et des structures publiques. Objectif affiché : transformer jusqu'à 50 000 tonnes de coton par an sur le sol burkinabè, contre une production aujourd'hui largement exportée brute vers l'étranger, précise Nasuba Info. La capacité actuelle atteint déjà 20 millions de mètres de tissus annuels, avec une montée en puissance annoncée vers 100 millions de mètres et 20 millions de pièces confectionnées à terme.
L'investissement cumulé des dix usines inaugurées depuis 2024, agroalimentaire, ciment, anacarde et textile confondus, dépasserait 132 milliards de FCFA, d'après Ouestinfo, qui suivait l'événement sur place à Bobo-Dioulasso. Le régime revendique des dizaines de milliers d'emplois directs et indirects, un chiffre que seule une évaluation indépendante et un audit d'exécution des chantiers pourront un jour confirmer ou démentir.
Le coton reste, en Afrique de l'Ouest, la matière première la plus exportée brute et la moins transformée sur place. Une usine textile intégrée qui tient réellement ses promesses d'emploi pourrait devenir, à l'horizon d'une Afrique industrialisée en 2050, le modèle que d'autres pays cotonniers du continent chercheront à copier plutôt que le symbole d'une communication de transition.
Le bilan emploi de cette stratégie industrielle résistera-t-il à un audit mené hors des caméras officielles ?
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