Le ministère burkinabè de la Culture exige la suspension de 18 manifestations festives jugées contraires aux bonnes mœurs, au nom d'une vaste campagne d'assainissement du secteur.
Publié le 8 août 2026 à 12:16 — mis à jour le 11 septembre 2026 à 05:10

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Plus de piscine party. Plus de all white party. À Ouagadougou, l'été s'arrête net sur ordre du ministère.
Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT) a exigé, ce vendredi 7 août 2026, la suspension de 18 événements culturels et récréatifs jugés contraires aux bonnes mœurs, selon une information relayée par l'Agence d'information du Burkina (AIB) et confirmée par nos confrères de LeFaso.net et de Sidwaya.
Parmi les manifestations visées : The Out Side, Golden Moment, Ouaga Show Piscine Party, All White Party ou encore Festy Luchas, prévues à Ouagadougou, Loumbila et Bobo-Dioulasso.
Le motif ? Préserver la moralité publique, l'ordre social et la protection des mineurs, dans le cadre d'une campagne d'assainissement du secteur culturel amorcée depuis mai 2026. La mesure s'appuie sur la loi n°004-2025/ALT du 27 mars 2025 portant statut de l'artiste, dont l'article 32 interdit toute promotion d'œuvres portant atteinte à l'ordre public.
Un avertissement similaire vient d'être adressé à l'artiste Kosa Pic, sommé de retirer une publication jugée problématique, rapporte Wakat Séra.
Derrière la fête suspendue, une question plus large se dessine. Qui décide, en 2026, de ce qui est moralement acceptable pour une jeunesse africaine urbaine, connectée, en pleine recomposition de ses repères ? Le Burkina Faso, sous la Révolution progressiste populaire, choisit la fermeté.
D'autres capitales du continent regardent, hésitent, ou temporisent.
Les promoteurs concernés risquent l'avertissement, le retrait d'autorisation, voire l'interdiction d'exercer. Reste à savoir si cette sévérité façonnera une culture plus enracinée dans les valeurs locales, ou si elle poussera une partie de la jeunesse vers des circuits plus informels, plus difficiles à encadrer.
Et vous, où placez-vous la frontière entre ordre public et liberté de faire la fête ?
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