À Ouagadougou, autorités traditionnelles, société civile et jeunesse ont célébré les quatre ans de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, entre bilan sécuritaire revendiqué et critiques persistantes.
Publié le 1 octobre 2026 à 11:28 — mis à jour le 1 octobre 2026 à 12:07

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Soixante-quatorze pour cent. C'est la part du territoire burkinabè que l'armée affirme avoir reconquise aux groupes armés en quatre ans. Un chiffre à prendre avec la prudence qui s'impose face à toute statistique d'un régime militaire, mais qui résume l'argument central de la commémoration organisée ce 30 septembre à Ouagadougou.
Quatre ans après le coup d'État qui a porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir, la Place de la Révolution a accueilli une « Nuit de la RPP » rassemblant autorités traditionnelles, société civile et jeunesse, rapporte le site Faso7. Le quotidien public Sidwaya a recueilli une trentaine de témoignages.
Le chef coutumier Weranga Naaba Saaga II dit avoir été marqué par « l'accent mis sur nous les coutumiers ». Bapio Bazo, étudiant en philosophie, résume : « Le capitaine Ibrahim Traoré joint l'acte à la parole. » Le bilan avancé par les autorités, repris par l'agence panafricaine AllAfrica, évoque aussi deux millions de déplacés internes qui auraient regagné leur localité, l'ouverture de la première raffinerie d'or du pays et la création d'un fonds souverain, le Siniyan-Sigui, destiné à capter une part plus grande des revenus miniers.
Cette mise en scène patriotique ne dit rien, en revanche, de ce que les organisations de défense des droits humains et une partie de la diaspora burkinabè reprochent au régime : restriction des libertés publiques, mise au pas de voix critiques, absence d'agenda électoral clair quatre ans après la prise du pouvoir.
Pour une partie de l'Afrique de l'Ouest lassée des promesses non tenues des régimes civils comme militaires, Ouagadougou est devenu un laboratoire que l'on observe de près, pour de bonnes et de mauvaises raisons. D'ici 2050, la question ne sera pas de savoir si un pays a repris du terrain aux groupes armés, mais s'il a su transformer un sursaut sécuritaire en institutions capables de survivre à l'homme qui les a portées.
Que restera-t-il de la Révolution progressiste populaire le jour où le capitaine Traoré ne sera plus là pour la raconter lui-même ?
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