Inaugurée le 28 septembre à Ouagadougou, Raffinor BF doit absorber toute la production aurifère burkinabè et mettre fin à des décennies de dépendance aux raffineries étrangères.
Publié le 30 septembre 2026 à 20:12 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 23:41

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Onze milliards de francs CFA de travaux, et enfin un lingot burkinabè raffiné sur le sol burkinabè. Ce lundi 28 septembre, Ouagadougou a inauguré Raffinor BF, la toute première raffinerie d'or du pays.
Le président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, représenté par le ministre des Mines, a présidé la cérémonie, selon des informations relayées par KOACI. Le directeur de l'usine, Adama Sawadogo, a détaillé une capacité initiale de 164 tonnes par an, extensible à 515 tonnes dans une seconde phase, tandis que le ministre Yacouba Zabré Gouba insistait sur la portée d'un projet lancé en 2023.
Raffinor BF est le symbole d'un engagement partagé entre l'État et les investisseurs nationaux pour bâtir une économie souveraine, a déclaré le président Traoré, une phrase reprise par plusieurs médias régionaux dont Agence Ecofin.
Le calcul est limpide. Pendant des années, l'or burkinabè partait brut vers des raffineries suisses ou sud-africaines, laissant l'essentiel de la valeur ajoutée, traçabilité comprise, hors des frontières nationales. Avec une capacité qui peut désormais absorber toute la production du pays, Ouagadougou change de posture face aux multinationales minières.
Ce geste s'inscrit dans une dynamique plus large portée par l'Alliance des États du Sahel, où souveraineté rime de plus en plus avec contrôle des filières stratégiques, de l'énergie aux minerais. Pour un continent qui détient une part considérable des réserves d'or mondiales sans en capter la transformation, chaque raffinerie locale compte double, en emplois qualifiés d'un côté, en traçabilité des flux financiers de l'autre.
D'ici 2050, la richesse minière africaine ne se mesurera plus au tonnage extrait, mais à la part de cette production transformée avant de quitter le continent. Raffinor BF est un premier pari dans ce sens.
Le Burkina Faso saura-t-il transformer ce symbole de souveraineté en filière aurifère réellement compétitive face aux raffineries internationales ?
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