À Ouagadougou, l'État mise sur deux cent mille volontaires civils par an, sans armes, pour épauler les zones sinistrées et reconquises. Un pari logistique aux accents sankaristes.
Publié le 20 septembre 2026 à 08:59 — mis à jour le 26 septembre 2026 à 15:22

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Deux cent mille recrues chaque année, pendant cinq ans, et pas un seul fusil distribué. Voilà le pari que le Burkina Faso vient de poser sur la table, entre urgence sécuritaire et mémoire révolutionnaire.
Le Groupement d'intérêt public pour le volontariat national (GIP-PNVB) a lancé le 18 septembre 2026 à Ouagadougou son programme de Volontaires nationaux réservistes. L'ambition, confirmée par la structure : un million de citoyens mobilisables en cinq ans, prêts à intervenir en cas de catastrophe, de crise sanitaire ou pour épauler l'État dans les zones tout juste reprises aux groupes armés.
Djourmité Nestor Noufé, directeur général du GIP-PNVB, résume la philosophie en trois mots d'ordre : « Préparez-vous. Formez-vous. Engagez-vous. » Les candidatures s'ouvrent, précise-t-il, dès le 25 septembre sur une plateforme dédiée.
Un point mérite d'être posé clairement : ces réservistes resteront des civils non armés, à distinguer des Volontaires pour la Défense de la Patrie et de la réserve militaire.
Cette dernière, selon la loi votée à l'unanimité par l'Assemblée législative de transition le 26 mai, vise cent mille hommes d'ici la fin de l'année. Le programme ajoute un volet « Volontariat senior » : des retraités deviennent mentors, quinze dans la santé, sept dans l'entrepreneuriat, pour transmettre un savoir que l'urgence ne laisse plus le temps d'enseigner autrement.
L'angle est proprement continental.
Dans un Sahel où l'État recule parfois plus vite qu'il n'avance, remobiliser le citoyen ordinaire pour reconstruire l'hygiène, l'environnement et le lien social dans les zones libérées, c'est reprendre un fil tissé sous Thomas Sankara, quand les comités de défense de la révolution organisaient des campagnes de vaccination massives. Le défi n'a pas changé de nature : former deux cent mille personnes par an suppose des moyens qu'une économie de guerre rend rares.
Si la mécanique tient sur cinq ans, ce modèle de mobilisation citoyenne sans treillis pourrait inspirer d'autres capitales sahéliennes bien avant l'horizon 2050, à l'heure où le continent devra reconstruire plus vite qu'il ne se fracture.
Le volontariat civil peut-il vraiment relever ce que les armes seules n'ont jamais su réparer ?
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