Ce prix peut nous tuer. À Daloa, les producteurs de cacao donnent jusqu'au 16 septembre aux autorités, sous peine de grève illimitée et réclament le départ du DG du Conseil Café-Cacao.
Publié le 15 septembre 2026 à 12:20 — mis à jour le 26 septembre 2026 à 10:00

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« Ce prix de 1 200 francs peut nous tuer. » La phrase claque comme un aveu, lâchée par un planteur lors de la concertation d'urgence organisée par le SYNAP-CI, dimanche 13 septembre 2026, à Daloa, capitale historique du cacao ivoirien.
Elle résume une colère qui monte depuis des semaines dans le premier bassin cacaoyer du monde. Le kilogramme est payé 1 200 FCFA aux producteurs pour la campagne 2026-2027, contre 2 800 FCFA la campagne précédente, une chute de plus de moitié. Selon Afriksoir, cette baisse frappe directement les quelque 868 000 producteurs recensés par le syndicat, dans un pays qui fournit à lui seul près de 40 % du cacao mondial.
Réunis au siège régional du syndicat, coordinateurs et délégués ont dressé la liste des griefs : retards de paiement, cartes de producteurs bloquées, stocks de la campagne précédente invendus, exigences de traçabilité de plus en plus lourdes. Les décideurs politiques ont jusqu'au mercredi 16 septembre pour répondre, sous peine de grève illimitée.
Le syndicat va plus loin : il exige le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, l'organe qui fixe justement ce prix contesté. « Notre ultimatum court à partir de mercredi. Si rien n'est fait d'ici le 16, nous passerons à l'action », a averti la direction du SYNAP-CI dans un préavis de grève adressé au ministre de l'Agriculture. Contacté, le Conseil du Café-Cacao n'a pas réagi publiquement.
À l'horizon de la prochaine décennie, la question dépasse un différend salarial.
Un pays qui exporte l'essentiel de son cacao à l'état brut reste condamné à subir des prix fixés ailleurs, à Londres ou à New York, pendant que ses planteurs comptent en FCFA sur le terrain. Tant que la transformation locale restera marginale, chaque campagne rouvrira la même plaie.
Un syndicat peut-il vraiment faire plier un État sur un prix que dictent d'abord les marchés internationaux, ou le vrai combat se joue-t-il ailleurs, dans les usines de transformation que la Côte d'Ivoire n'a toujours pas construites ?
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