Le gouvernement ivoirien a approuvé la création d'un Institut du café et du cacao à Divo, pour armer la filière face aux maladies et au changement climatique.
Publié le 24 septembre 2026 à 08:58 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 22:11

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Sous les cacaoyers de Divo, certains arbres brunissent avant l'heure, rongés par le swollen shoot, une maladie que la sécheresse et la chaleur rendent chaque année plus difficile à contenir. Pour beaucoup de planteurs de la région, la question n'est plus de savoir si la maladie viendra, mais quand.
C'est précisément ce terrain que l'Etat ivoirien a choisi pour installer son nouvel outil de recherche. Car le sort du premier producteur mondial de cacao ne se joue plus seulement à la Bourse de Londres ou de New York, il se joue aussi dans la capacité de ses chercheurs à inventer des variétés qui résistent au climat de demain.
Réuni le 23 septembre 2026, le Conseil des ministres a approuvé la création de l'Institut du café et du cacao, rapporte l'Agence ivoirienne de presse (AIP). Ce centre de recherche s'appuiera sur la station du Centre national de recherche agronomique (CNRA) à Divo, avec pour mission d'améliorer la productivité et de développer des variétés résistantes aux maladies, écrit de son côté Abidjan.net News. Le nouvel institut travaillera en partenariat avec les universités nationales et des organismes internationaux, précise APAnews.
Derrière l'annonce se joue un enjeu de souveraineté scientifique. Pendant des décennies, la recherche sur le cacao africain s'est en grande partie faite ailleurs, dans des laboratoires européens ou américains, pendant que le continent en fournissait la matière première brute. Rapatrier cette recherche à Divo, c'est refuser de rester le simple fournisseur de fèves d'une chaîne de valeur dont les bénéfices s'envolent ailleurs.
Si l'institut tient ses promesses, l'Afrique de 2050 pourrait enfin transformer chez elle ce qu'elle cultive, breveter ses propres variétés et capter une part plus juste de la valeur du chocolat qu'elle rend possible depuis un siècle.
Le cacao africain doit-il enfin devenir une industrie africaine de bout en bout, de la graine au chocolat ?
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