Côte d'Ivoire, Ghana, Nigeria et Cameroun ont signé à Abuja une alliance pour transformer davantage de cacao sur le continent plutôt que de l'exporter brut.

Un siècle à expédier ses fèves en sacs pour les racheter, plus tard, sous forme de tablettes de chocolat emballées. C'est ce que le ministre d'État nigérian John Ewan Eno a résumé lors de la signature de la Déclaration d'Abuja, le 14 juillet.
Quatre signataires, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun, qui pèsent ensemble près des trois quarts de la production mondiale de cacao, selon Camer.be.
Leur nouvelle Alliance pour la valorisation du cacao vise un objectif clair qui est de transformer davantage sur le continent, plutôt que d'exporter la matière brute pour la racheter, chère, une fois travaillée en Europe.
Le contexte ivoirien donne du poids à l'initiative. Moins de 40 % du cacao produit en Côte d'Ivoire est aujourd'hui transformé localement, malgré la présence d'usines comme celles de CEMOI ou Barry Callebaut, et malgré une crise récente des prix qui a laissé des centaines de milliers de tonnes invendues dans les ports d'Abidjan et de San Pedro.
La transformation locale du cacao n'est pas qu'une question industrielle, c'est un test grandeur nature de la capacité du continent à capter enfin la valeur ajoutée de ses propres matières premières, du cacao au lithium en passant par le cobalt. Si l'Alliance tient ses promesses, elle pourrait devenir un modèle pour d'autres filières agricoles africaines.
Reste à savoir si la déclaration se traduira par des investissements concrets, ou si elle rejoindra la longue liste des bonnes intentions continentales.
Un accord de plus, ou le vrai tournant du cacao africain ?
Journaliste
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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