À Abidjan comme à Daloa, producteurs et organisations professionnelles de la filière café-cacao rejettent l'appel à la grève illimitée du SYNAP-CI et misent sur le dialogue pour sauver la campagne 2026-2027.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:43 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 11:03

Ecouter l'article
Une soixantaine d'organisations professionnelles réunies un samedi matin au Plateau. Pas pour brandir des banderoles. Pour dire non à une grève.
Depuis plusieurs semaines, le Syndicat national des agriculteurs professionnels de Côte d'Ivoire (SYNAP-CI) menace d'un arrêt de travail illimité et réclame le départ du directeur général du Conseil du café-cacao, Koné Brahima Yves.
L'enjeu dépasse une querelle interne : la filière café-cacao pèse sur les revenus de plusieurs millions d'Ivoiriens et sur la stabilité d'une économie qui reste, des décennies après le boom cacaoyer, accrochée à une matière première dont elle ne fixe toujours pas le prix mondial.
Le 26 septembre, au Plateau, le collectif d'organisations a choisi son camp. Selon Abidjan.net, le porte-parole Siby Guéhi Albert a lu une déclaration invitant à « surseoir à tout mouvement de grève » et à régler les difficultés « par la concertation et les voies institutionnelles ». D'après Connectionivoirienne, qui recense la soixantaine de structures signataires, l'appel vise avant tout le gouvernement, sommé d'ouvrir un dialogue durable via l'Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) café-cacao.
Le même jour, à Daloa, des producteurs affichaient un mot d'ordre limpide, relayé par AfrikSoir : « Non à la grève, oui au dialogue ». L'AIP confirme que l'OIA, présidée par Siaka Diakité, a lancé depuis Divo une tournée dans les treize régions productrices pour expliquer la campagne 2026-2027, ouverte le 1er septembre à 1 200 FCFA le kilo de cacao bord champ.
Ce refus collectif de la rue dit quelque chose de plus large. Dans un continent où la grève reste souvent la seule arme du faible face à l'État, des producteurs choisissent la table plutôt que le blocage. Un pari risqué s'il n'aboutit à rien de concret.
D'ici 2050, la Côte d'Ivoire ambitionne de transformer localement une part croissante de son cacao plutôt que de l'exporter brut. Cela ne se fera pas sans une filière qui se parle, plutôt qu'une filière qui se fracture à chaque campagne.
Le dialogue promis tiendra-t-il ses promesses, ou n'est-il qu'un répit avant la prochaine crise ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…