Cinquante femmes tuees entre janvier et avril 2026 selon les chiffres officiels camerounais. HRW juge le dispositif de protection insuffisant et reclame une loi autonome contre les violences de genre.
Publié le 16 septembre 2026 à 11:18 — mis à jour le 26 septembre 2026 à 15:35

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Cinquante. C'est le nombre de femmes tuées au Cameroun entre janvier et avril 2026, selon les propres chiffres de l'État. Un rythme qui, projeté sur l'année, dépasserait largement les bilans déjà lourds des trois années précédentes.
Ces données d'après 237Actu, s'inscrivent dans une trajectoire alarmante : 56 cas en 2023, 67 en 2024, environ 77 en 2025.
Human Rights Watch a réagi en pressant le gouvernement camerounais d'agir, estimant que « les plans adoptés par le Cameroun n'ont pas encore débouché sur une protection suffisante des victimes ni sur un accès effectif à la justice ». L'organisation pointe un cadre juridique qui « couvre insuffisamment les violences psychologiques, économiques et les mécanismes de contrôle coercitif ».
Le pays dispose pourtant, sur le papier, d'une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, de 45 « espaces sûrs » et de 28 unités spécialisées dans les commissariats et brigades de gendarmerie.
Le décalage entre les dispositifs annoncés et la réalité du terrain, voilà le nœud du problème. HRW recommande la création d'un groupe de travail interministériel, davantage de capacités d'hébergement, et surtout l'adoption enfin finalisée d'une loi autonome contre les violences basées sur le genre, un texte en préparation depuis des années.
Derrière chaque chiffre, une femme dont le nom finit par disparaître des colonnes de faits divers. Le Cameroun n'est pas un cas isolé sur un continent où la dénonciation reste freinée par la stigmatisation et la pression familiale. Mais la régularité de la progression, année après année, interroge la volonté réelle d'agir au-delà des textes.
Une Afrique qui veut se raconter elle-même d'ici 2050 ne pourra pas continuer d'écrire cette histoire au prix de la vie de ses femmes.
Combien de plans nationaux faudra-t-il encore avant qu'un seul féminicide de moins soit enregistré au Cameroun ?
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