Le lieutenant-colonel Bialo Dieudonné a affirmé au tribunal militaire n'avoir jamais visionné la vidéo de torture citée dans l'affaire Martinez Zogo.
Publié le 17 septembre 2026 à 11:23 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:43

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Une vidéo de torture qui circule dans tout le dossier judiciaire, mais qu'un des principaux enquêteurs affirme n'avoir jamais visionnée. C'est ce témoignage qui a marqué l'audience du 16 septembre au tribunal militaire de Yaoundé.
Le lieutenant-colonel Bialo Dieudonné, chef du Service central des recherches judiciaires, a affirmé n'avoir jamais vu la vidéo de torture évoquée dans l'affaire Martinez Zogo, ni l'avoir retrouvée dans les téléphones des suspects, rapporte Lebledparle.
Ce témoignage intervient après plusieurs rebondissements dans ce procès qui traîne depuis l'assassinat du journaliste en janvier 2023, notamment les déclarations très commentées du colonel Otoulou.
Trois ans après les faits, la justice camerounaise peine encore à établir une version stable des événements, entre versions qui se contredisent et défenses qui se renvoient la responsabilité. Chaque nouvelle audience ajoute une pièce au puzzle, sans qu'aucune ne semble suffire à le refermer.
Pour la presse camerounaise et africaine, ce procès est devenu un test : celui de la capacité d'un État à juger ses propres agents de renseignement quand ils sont soupçonnés d'avoir participé à l'exécution d'un journaliste critique du pouvoir.
D'ici 2050, la liberté de la presse en Afrique centrale ne progressera que si des affaires comme celle de Martinez Zogo aboutissent à des vérités établies, et non à des témoignages qui s'annulent les uns les autres devant un tribunal.
Un procès peut-il encore rendre justice à un journaliste assassiné quand, trois ans après, personne ne semble avoir vu la même vidéo ?
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