L'Autorité aéronautique camerounaise veut sécuriser 500 hectares à Kribi pour produire des carburants d'aviation écologiques et réduire la facture des importations.
Publié le 13 août 2026 à 10:45 — mis à jour le 20 septembre 2026 à 05:01

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Un port en eaux profondes, une zone industrielle en expansion, et maintenant une ambition qui dépasse largement le trafic maritime. À Kribi, l'Autorité aéronautique du Cameroun (CCAA) veut sécuriser 500 hectares pour y lancer la production de carburants d'aviation durables, plus connus sous leur sigle anglais SAF.
Selon Ecomatin, un communiqué officiel publié le 10 août 2026 précise que le projet, encore au stade de l'étude de faisabilité, est piloté par un groupe de travail interministériel réuni le 6 août à Yaoundé. Un site pilote de 300 hectares est également prévu dans le département de la Manyu, au Sud-Ouest, avec l'implication directe des planteurs locaux qui fourniraient la matière première agricole nécessaire à la production.
Le choix de Kribi n'a rien d'un hasard, rapporte Ecomatin : la ville dispose du principal port en eau profonde du pays, un atout logistique évident pour l'approvisionnement comme pour l'exportation. Sur le plan scientifique, la CCAA s'appuie sur les données de recherche des universités de Maroua et de Dschang, sous la supervision technique de l'Organisation de l'aviation civile internationale et de l'Union européenne.
L'enjeu dépasse le seul secteur aérien. D'après un rapport diffusé par AllAfrica, une formation d'experts des États membres de la CEEAC sur les SAF a déjà mobilisé les autorités de la sous-région autour d'un objectif commun : maîtriser une filière jusque-là dominée par les industries occidentales, tout en réduisant les émissions de CO2 et la dépendance aux carburants raffinés importés.
Si le pari tient ses promesses, le Cameroun pourrait devenir un pionnier régional d'une industrie appelée à peser lourd d'ici 2050, année où l'aviation mondiale vise le zéro émission nette. Encore faut-il transformer l'étude de faisabilité en usines qui tournent.
Le continent le plus jeune du monde peut-il aussi devenir un fournisseur de carburants propres pour ses propres ciels ?
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