Plus d'un an après la fin de son précédent programme, le Cameroun peine à relancer les discussions avec le FMI, pendant que Moody's confirme une note de quasi-défaut.
Publié le 26 août 2026 à 13:51 — mis à jour le 10 octobre 2026 à 00:18

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300 milliards de FCFA. C'est la somme que le Cameroun espère décrocher du FMI en 2027, soit près de 30% d'un déficit budgétaire qui s'annonce vertigineux.
Les négociations entre Yaoundé et le Fonds monétaire international pour un nouveau programme économique et financier 2026-2029 piétinent, plus d'un an après la fin du précédent accord, en juillet 2025. Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, plaide ouvertement pour la conclusion rapide d'un nouvel accord, mais la décision d'ouvrir formellement les discussions a été renvoyée par le Premier ministre à la présidence de la République. L'agence de notation Moody's a de son côté abaissé sa prévision de croissance camerounaise à 3,4% pour 2026, pointant les retards dans l'exécution budgétaire, avant de confirmer, le 21 août, la note souveraine du pays à Caa1, une catégorie associée à un risque de quasi-défaut.
Le déficit budgétaire global du Cameroun devrait atteindre 1018 milliards de FCFA en 2027, contre 808,5 milliards en 2026. Entre 2017 et 2025, les deux précédents programmes du FMI avaient permis au pays de mobiliser environ 2600 milliards de FCFA de financements.
Ce blocage illustre une fragilité qui dépasse le seul Cameroun : la dépendance persistante de plusieurs économies de la zone CEMAC aux appuis budgétaires extérieurs, à l'heure où les capitales occidentales réduisent elles-mêmes leur aide au développement. Construire une souveraineté budgétaire réelle, capable de financer les infrastructures et les services publics sans attendre le feu vert de Washington, reste l'un des défis majeurs pour l'Afrique centrale d'ici 2050.
Combien de temps un arbitrage politique peut-il retarder un accord dont dépend, très concrètement, le budget de tout un pays ?
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