À Douala, KMR Start-up Hub a présenté son navigateur web camerounais, pensé pour héberger les données des internautes sur le sol national.
Publié le 13 août 2026 à 10:43 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 18:39

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Douala, Palais de la culture Sawa. Sur scène, Christian Essame ne fait pas dans la demi-mesure : il est temps, dit-il, que les créateurs camerounais s'approprient l'espace numérique. Nous sommes lors de la Mboa Tech Conference 2026, et le cofondateur de KMR Start-up Hub ne se contente pas d'un discours. Il présente Pyramid Browser, un navigateur web conçu et hébergé au Cameroun.
Le projet ne s'arrête pas à un simple logiciel de navigation. Selon Digital Business Africa, Pyramid Browser s'inscrit dans un écosystème plus large baptisé Pyramid, qui comprend aussi Pyramid Mail pour la messagerie électronique et Pyramid Play pour le partage de contenus audio et vidéo. Des étudiants en génie logiciel de l'IUGET participent au développement, aux côtés des équipes de KMR. D'après L'Économie, ce projet mené sur deux ans a coûté plus de 20 millions de francs CFA, avec un hébergement adossé aux infrastructures de l'opérateur Camtel.
Le continent consomme aujourd'hui l'essentiel de ses contenus numériques via des infrastructures étrangères, ses données transitant par des serveurs situés à des milliers de kilomètres. Les estimations sectorielles relayées par L'Économie indiquent que l'Afrique génère ou stocke moins de 3 % des données numériques mondiales. Chaque alternative locale, aussi modeste soit-elle face à Google ou Microsoft, pèse donc dans la bataille pour la souveraineté numérique du continent.
Reste à savoir si Pyramid Browser saura convaincre au-delà du symbole. Afrique IT News souligne que l'initiative n'est pas isolée : elle s'inscrit dans une vague plus large de projets numériques camerounais cherchant à réduire la dépendance technologique du pays. Le pari est risqué, la concurrence est écrasante, mais le message est clair. L'Afrique ne veut plus seulement consommer le numérique, elle veut aussi le construire.
Et vous, feriez-vous le choix d'un navigateur conçu chez vous plutôt que celui d'un géant étranger ?
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