Élue samedi avec plus de 96 % des voix devant environ 1 200 délégués, la nouvelle présidente hérite d'un parti dont l'administration a longtemps contesté les instances.
Publié le 19 octobre 2026 à 08:26 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 14:48

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Environ 1 200 délégués dans la salle. À la tribune, une femme élue avec plus de 96 % des voix. Samedi 17 octobre, au siège du MRC à Yaoundé, Tiriane Balbine Noah est devenue la première femme à présider le principal parti d'opposition camerounais, rapporte Africanews.
Elle succède à Maurice Kamto, qui a dirigé la formation pendant 14 ans et a démissionné le 8 septembre, en même temps que son premier vice-président Mamadou Mota. Noah assurait l'intérim depuis. Son seul adversaire s'étant retiré, elle était seule en lice, pour un mandat de cinq ans renouvelable. À la tribune, elle a décrit son prédécesseur comme un démocrate sincère, un humaniste et un homme de paix.
Le vote lui-même était déjà un événement. Après les interdictions de novembre 2025 et le refus du ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, de reconnaître en août les résolutions de la convention de décembre, le sous-préfet de Yaoundé IV a signé le 28 septembre un récépissé autorisant la réunion du 17 octobre, détaille Camer.be.
Un cadre du parti, Joseph Emmanuel Ateba, résume à Africanews : au Cameroun, tout finit par devenir « extraordinaire ». Il s'est toutefois réjoui que le congrès se tienne dans de bonnes conditions.
Reste l'essentiel. Dans une tribune publiée avant le scrutin, Noah dénonçait un État « juge et partie » dans la vie des partis et « trois reports en deux ans » des élections, rappelle le Journal du Cameroun. Le MRC dit désormais viser les élections locales de 2027. Mais ses instances seront-elles reconnues par l'administration ? Le ministère n'a pas précisé si le récépissé valait reconnaissance.
Pour 2050, la question dépasse un parti. Une démocratie ne se mesure pas seulement à la présence d'une opposition, mais à sa capacité de choisir sa direction sans que quelqu'un d'autre tienne le stylo. Une femme à la tête du MRC, est-ce le signe d'un renouvellement, ou le début d'un nouveau bras de fer ?
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