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Le président ivoirien Ouattara a reçu Lansana Kouyaté, médiateur entre la CEDEAO et l'AES. Les attaques du Mali créent paradoxalement une ouverture diplomatique. Ce que ce contact dit de l'avenir possible d'une architecture de sécurité africaine unifiée.
Publié le 1 mai 2026 à 11:01 UTC+0

L'information est passée presque inaperçue dans le bruit des attaques maliennes. Et pourtant, elle est peut-être l'une des plus importantes de la semaine diplomatiquement.
Le président ivoirien Alassane Ouattara a reçu Lansana Kouyaté, désigné négociateur en chef entre la CEDEAO et l'AES, dans le cadre des efforts de médiation entre l'organisation régionale et les trois pays de l'Alliance des États du Sahel.
Depuis janvier 2024, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement quitté la CEDEAO. Cette rupture a laissé l'organisation sans réponse claire à deux questions : comment gérer les 200 millions de citoyens de l'AES qui continuent d'avoir des liens familiaux, commerciaux et culturels avec les pays membres de la CEDEAO ? Et comment aborder les crises sécuritaires sahéliennes sans mécanismes institutionnels communs ?
Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre de Guinée et figure diplomatique respectée, a été mandaté pour tenter de rouvrir un canal de dialogue. Sa rencontre à Abidjan avec Ouattara, qui est aussi un acteur central de la CEDEAO en tant que président de la principale économie de la zone, est un signal que la porte n'est pas définitivement fermée.
Les attaques contre le Mali ont créé une situation paradoxale. D'un côté, elles démontrent l'échec du modèle sécuritaire de l'AES, qui avait rompu avec toutes les structures d'appui extérieur. De l'autre, elles pourraient créer une ouverture pour une réconciliation : la junte de Bamako, fragilisée, pourrait avoir besoin de soutiens qu'elle avait rejetés.
Mais la réconciliation CEDEAO-AES ne se fera pas sur un coup de fil. Elle exige que les deux parties acceptent de renoncer à quelque chose : la CEDEAO à son agenda de sanctions et de rétablissement de la démocratie à court terme, l'AES à son discours de rupture totale avec les institutions africaines classiques.
L'Afrique de 2050 aura besoin d'une architecture de sécurité continentale cohérente. Ce rendez-vous à Abidjan en est peut-être la première brique.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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