Samedi 17 octobre, la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel ont tenu leur première réunion ministérielle formelle. Résultat : des groupes de travail, pas encore d'accord.
Publié le 19 octobre 2026 à 08:26 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 13:24

Ecouter l'article
Deux ministres, une table, et trois pays qui avaient claqué la porte. Samedi 17 octobre à Dakar, la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel se sont enfin assises ensemble pour parler de l'après.
Côté CEDEAO, le Sénégalais Cheikh Niang, qui préside le Conseil des ministres de l'organisation. Côté AES, le Burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré, à la tête du comité ministériel de pilotage de la Confédération. C'est la première réunion ministérielle formelle entre les deux blocs, rapporte Seneweb, après des consultations tenues à Bamako le 22 mai 2025.
Le résultat tient en une phrase. Des groupes de travail thématiques conjoints vont préparer un accord-cadre de coopération, et leurs conclusions seront soumises aux ministres lors d'une prochaine session, dont la date et le lieu seront fixés par voie diplomatique, précisent Graphic Online et PM News. Le communiqué commun parle de « fraternité, de respect mutuel et d'ouverture ».
Aucun calendrier, aucun engagement chiffré. Et dans le communiqué relayé, pas un mot explicite sur la libre circulation, le commerce ou la sécurité, alors que ce sont les sujets sur lesquels les populations ont payé la rupture. Les trois régimes militaires ont annoncé leur départ en janvier 2024, effectif un an plus tard, et se sont éloignés de voisins comme la Côte d'Ivoire et le Bénin, selon Naijanews.
Le pari de Dakar est discret, mais il est réel. Des dizaines de millions de personnes vivent de part et d'autre de ces frontières : transporteurs, commerçants, familles dispersées. Ils savent mieux que les diplomates ce que coûte un poste de douane de plus.
Pour l'Afrique de 2050, la leçon est simple. Un continent qui rêve d'une grande zone de libre-échange ne peut pas s'offrir des frontières de rancune. Un accord-cadre suffira-t-il à rouvrir les routes, ou faudra-t-il d'abord que chaque capitale accepte de céder un peu de fierté ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…