À Dakar, Bassirou Diomaye Faye et le futur patron de la Commission de la CEDEAO, Birame Diop, dessinent un mandat sénégalais tourné vers la monnaie ECO, la lutte antiterroriste et le dialogue rompu avec le Sahel.
Publié le 29 août 2026 à 10:41 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 21:23

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À Dakar, le 27 août 2026, un président civil a reçu un général. La scène résume à elle seule l'état d'esprit d'une CEDEAO acculée par la sécurité : Bassirou Diomaye Faye, chef de l'État sénégalais et président en exercice du bloc, a fixé avec Birame Diop, ancien ministre de la Défense appelé à prendre la tête de la Commission le 1er septembre en remplacement d'Omar Alieu Touray, l'agenda des quatre prochaines années.
Pourquoi ça compte : la CEDEAO n'a plus quinze membres, elle en a douze, depuis le départ officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger en janvier 2025 pour former l'Alliance des États du Sahel. Une amputation qui ne dit pas tout, précise La Nouvelle Tribune, puisque ces pays restent liés à leurs anciens partenaires par l'UEMOA et le franc CFA, rendant toute rupture totale improbable et douloureuse à la fois.
Deux chantiers dominent le mandat sénégalais.
D'abord la monnaie unique ECO, dont le lancement est fixé à 2027 pour les États remplissant les critères de convergence, un projet confié au président ivoirien Alassane Ouattara et que l'organisation promet depuis plus d'une décennie sans jamais l'accoucher, confirme allAfrica. Ensuite la force antiterroriste régionale, la MICAO, qui vise une pleine capacité opérationnelle en juillet 2027 après des années plombées, selon La Nouvelle Tribune, « faute de moyens et de coordination entre États membres » dans un Sahel où les groupes djihadistes continuent de gagner du terrain. AfricaPulse ajoute que Dakar joue aussi les médiateurs dans la crise politique en Guinée-Bissau, preuve que le Sénégal veut incarner une CEDEAO qui recolle les morceaux plutôt qu'une CEDEAO qui punit.
D'ici 2050, l'Afrique de l'Ouest se jouera sur ce fil : bloc uni autour d'une monnaie commune et d'une sécurité partagée, ou archipel de sous-régions repliées derrière leurs propres frontières monétaires et militaires.
Le Sénégal réussira-t-il à recoudre ce que d'autres présidences ont laissé se déchirer, ou la CEDEAO à douze membres est-elle déjà la nouvelle norme ?
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