La Cour pénale internationale a jugé Mahamat Said Abdel Kani coupable de torture et de persécution commises à Bangui en 2013, tout en l'acquittant des chefs de crimes de guerre.
Publié le 25 septembre 2026 à 10:48 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 08:34

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Treize ans après les faits, cinq ans après son arrestation, un ancien chef de la répression séléka a enfin entendu son verdict. Ce mercredi 23 septembre, les juges de la Cour pénale internationale ont déclaré Mahamat Said Abdel Kani coupable de crimes contre l'humanité.
Les juges de La Haye ont retenu l'emprisonnement, la torture, d'autres actes inhumains et la persécution, commis entre avril et août 2013 au sein de l'Office central de répression du banditisme (OCRB) à Bangui, dont Said Abdel Kani dirigeait alors les services, précise Human Rights Watch. Il a en revanche été acquitté des chefs de crimes de guerre, les juges estimant que le renversement du président François Bozizé en mars 2013 avait mis fin au conflit armé à cette date.
Selon Africanews, l'homme avait rejoint la rébellion en 2008 pour venger la mort de son nephew, avant de gravir les échelons jusqu'au grade de général au sein de la coalition Séléka. La chaîne canadienne CP24 a également repris l'information, signe de l'écho international du jugement. Lewis Mudge, de Human Rights Watch, salue une étape importante dans la lutte contre l'impunité, tout en rappelant que plusieurs chefs séléka de premier plan, dont Noureddine Adam, restent en fuite.
Ce verdict rappelle qu'une décennie de crise centrafricaine a laissé des dizaines de milliers de victimes sans réponse judiciaire, dans un pays où la justice locale reste largement débordée. Pour la CPI, souvent accusée sur le continent de ne juger que des Africains, chaque procès de ce type se joue aussi sur le terrain de sa propre légitimité auprès des populations qu'elle prétend protéger.
Une Afrique qui pèsera un quart de la population mondiale en 2050 ne pourra pas se construire sur des crises passées jamais jugées. La sentence de Said Abdel Kani, attendue en novembre, dira si ce verdict se traduit aussi en réparations concrètes pour les victimes de l'OCRB.
Treize ans pour juger un seul commandant : la justice internationale peut-elle vraiment tenir la promesse de rattraper, un jour, tous les chefs séléka encore en liberté ?
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