Une enquêtrice sud-africaine a témoigné devant l'enquête rouverte sur la mort de Steve Biko en 1977, décrivant des dossiers policiers aux pages manquantes. La quête de vérité continue, presque cinq décennies plus tard.
Publié le 30 août 2026 à 16:37 — mis à jour le 7 octobre 2026 à 03:52

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Des dossiers qui s'arrêtent en plein milieu de nulle part. Voilà ce qu'a trouvé la sergente Fundiswa Dingiswayo quand on lui a confié, en 2021, la réouverture de l'enquête sur la mort de Steve Biko.
Devant le tribunal de Gqeberha, cette enquêtrice de la Directorate for Priority Crime Investigation a témoigné le 27 août sur les obstacles rencontrés pour reconstituer les circonstances de la mort du leader anti-apartheid, en septembre 1977. Des dockets aux pages manquantes. D'autres qui s'arrêtent en plein milieu de nulle part, selon ses propres mots à la barre. Elle a consulté les Archives nationales, où elle n'a trouvé que peu de matériel exploitable, avant d'obtenir malgré tout l'affidavit d'un témoin ayant soigné Biko en prison quelques mois avant sa mort.
Steve Biko est mort après des jours de détention et de coups reçus des mains de la police de l'apartheid. Une première enquête, en 1977, avait blanchi les policiers responsables. Presque cinquante ans plus tard, la nouvelle procédure judiciaire tente de faire ce que la première n'a jamais voulu faire : établir des responsabilités précises, avec des noms.
Ce que cette enquêtrice raconte à la barre n'est pas qu'une affaire de justice individuelle. C'est la preuve que la mémoire de l'apartheid reste un chantier inachevé, où des dossiers essentiels ont pu disparaître, ou être vidés de leur substance, pendant des décennies, sans que personne ne s'en émeuve vraiment.
Une Afrique du Sud qui veut se projeter vers 2050 comme la nation arc-en-ciel qu'elle revendique ne peut pas construire cet avenir sur des vérités à moitié dites. Chaque page manquante d'un dossier de l'apartheid est une dette envers des générations qui n'ont pas connu cette époque, mais qui en héritent quand même.
Combien de vérités sur cette période reste-t-il encore à déterrer ? Et l'Afrique du Sud a-t-elle vraiment le courage de toutes les affronter ?
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