Plus d'un an après la saisie record de 350 millions de dollars de cocaïne à Pedu Junction, seuls un chauffeur et une femme de ménage ont été inquiétés. La Minorité parlementaire réclame des comptes.
Publié le 15 septembre 2026 à 12:20 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 22:12

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Un chauffeur. Une femme de ménage. Dix-huit mois après la plus grosse saisie de cocaïne de l'histoire du Ghana, voilà tout ce que la justice locale a réussi à mettre derrière les barreaux, et encore, sous caution.
Le 4 mars 2025, le Bureau national du renseignement intercepte un camion-benne à Pedu Junction, près de Cape Coast : 3,3 tonnes de cocaïne cachées sous du sable, en route de Takoradi vers Accra, une cargaison estimée à 350 millions de dollars. Quelques semaines plus tard, un second lot de 120 plaquettes, valant 150 millions de dollars supplémentaires, tombe sur le même axe routier.
Plus d'un an après, la Minorité parlementaire hausse le ton. « Seuls le chauffeur, une femme de ménage et quelques suspects périphériques ont été traduits en justice », dénonce le député Ntim Fordjour, membre de la commission Défense et Intérieur, dans une déclaration . Les commanditaires, eux, courent toujours.
Comparez avec cette semaine. Quand la douane française a intercepté 3,9 tonnes de cocaïne dissimulées dans des déchets plastiques en provenance du Ghana, la Narcotics Control Commission a arrêté trois suspects en quelques jours à peine. Trois arrestations pour un dossier qui éclate à l'étranger, zéro tête de réseau identifiée pour la plus grosse saisie jamais faite sur le sol ghanéen : voilà le paradoxe que la Minorité refuse de laisser filer.
Plus d'un milliard de dollars de drogue liée au Ghana ont été saisis en moins de deux ans, sur un axe qui traverse aussi la Côte d'Ivoire. Un pays peut multiplier les saisies record, si les financiers dorment tranquilles, la moitié du travail reste à faire, et c'est la crédibilité de toute une sous-région qui vacille.
Avance de dix ans : la bataille contre les narcotrafiquants en Afrique de l'Ouest ne se gagnera pas au poids de la marchandise saisie, mais au nombre de parrains condamnés.
Qui protège les commanditaires de Pedu, et combien de temps l'opinion publique ghanéenne acceptera-t-elle ce silence ?
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