Deux mois après son intervention controversée sur le Vodun à Cotonou, le père Gaston Aïtondji rompt le silence. Dans un communiqué du 27 juillet, il précise ses propos et dit ses regrets.
Publie le 28 juillet 2026 à 14:05 - mis a jour le 9 septembre 2026 à 20:34

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Le silence a duré presque deux mois. Le 27 juillet 2026, le père Gaston Aïtondji a enfin réagi. Dans un communiqué, il revient sur les propos qui ont enflammé les réseaux sociaux et donne sa version des faits.
Tout est parti d'un exposé donné le 28 mai à l'Institut Saint Jean Paul II, à Cotonou. Le colloque, organisé par l'archidiocèse, portait sur le sujet culturel sud béninois et les défis culturels posés à la foi. Le père Aïtondji, lui, avait choisi un angle précis : les défis que posent le Fâ, le Vodún et le Hôxô à la foi chrétienne.
Des extraits ont circulé, coupés de leur contexte. Résultat : des semaines de commentaires, de colère parfois, d'incompréhension souvent.
Le prêtre insiste, son travail était universitaire avant tout. Il s'appuie sur ses recherches pour distinguer deux réalités : le Hûêndô, domaine culturel, et le Hûndô, domaine cultuel. L'objectif ? Ouvrir un regard critique sur l'héritage laissé par les ancêtres.
« Mon expression n'a été et ne peut être contre une quelconque religion. Bien au contraire », écrit il. Il rappelle sa fonction de vice président de la Commission diocésaine pour le dialogue interreligieux. Le dialogue, dit il, reste au coeur de son engagement.
Les cultures et traditions béninoises portent, selon lui, beaucoup de bien, de vrai et de beau. Mais elles méritent d'être regardées avec lucidité, sans idéologie. Aucune culture n'est parfaite. Aucune tradition n'échappe à la question honnête.
Il invite ses détracteurs à écouter l'intervention en entier. Il note aussi un fait simple : le Vodun s'enseigne déjà à l'université. Il peut donc être débattu. « C'est de la confrontation des idées que la vérité jaillit », rappelle t il, avant d'encourager d'autres chercheurs à poursuivre ce travail, quelles que soient leurs conclusions.
Sur la polémique elle même, il ne fuit pas. Il reconnaît que la diffusion partielle de ses propos a créé des malentendus, et regrette sincèrement le trouble causé chez certains compatriotes.
Son message final va au delà de la polémique. Construire le Bénin, dit il, est l'affaire de tous. Une question reste posée : quel pays voulons nous transmettre à nos enfants ?
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