Le gouvernement ivoirien ratifie un prêt de 189,6 millions d'euros pour moderniser la formation professionnelle. Objectif affiché : ouvrir des stages et des apprentissages aux jeunes non scolarisés et sans emploi.
Publié le 16 octobre 2026 à 09:25 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 18:03

Pas de diplôme, pas de stage, pas de réseau. Pour des centaines de milliers de jeunes ivoiriens, c'est le point de départ. Le gouvernement veut changer ça, avec 124 369 447 200 FCFA.
Réuni mercredi au Palais présidentiel, le Conseil des ministres a adopté un décret ratifiant un accord de prêt de 189,6 millions d'euros signé le 8 juillet dernier avec l'Association internationale de développement, selon Kaweru.com. Cet argent finance la première phase du projet SIRA, pour Compétences pour l'innovation, la résilience et les aspirations. Derrière ce nom technocratique, une cible précise : les jeunes non scolarisés et les jeunes sans emploi, à qui le projet promet davantage de stages et d'apprentissages structurés.
Concrètement, une partie des fonds doit rendre enfin opérationnelle la plateforme numérique de l'Observatoire national de l'emploi et de la formation, censée mettre en relation offres et demandes de compétences. Le reste ira au Fonds de développement de la formation professionnelle, pour créer des centres d'équipements partagés, avec du matériel moderne et des formateurs spécialisés.
L'État mise sur l'idée que former mieux coûte moins cher que subir, année après année, une jeunesse sans perspective.
La Côte d'Ivoire affiche une croissance soutenue depuis des années, mais cette croissance n'a jamais suffi, seule, à absorber les centaines de milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.
C'est la tension centrale de l'Afrique de 2050 : des économies qui grossissent, une jeunesse qui grossit encore plus vite. Un centre de formation équipé ne fabrique pas un emploi, il fabrique une chance.
Est-ce qu'un prêt de 124 milliards suffira à combler l'écart entre ce que l'école ivoirienne apprend et ce que le marché du travail exige vraiment ? La réponse se verra dans les ateliers, pas dans les communiqués.
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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