Blaise Lasm comparaissait lundi après plus d'un an de détention. Dans le même temps, des cadres du PPA-CI et du PDCI-RDA sont convoqués ou placés sous contrôle judiciaire.
Publié le 21 octobre 2026 à 06:04 — mis à jour le 21 octobre 2026 à 06:36

Trois cent quatre-vingt-quatre jours. C'est le temps que Blaise Lasm, secrétaire général adjoint du PPA-CI, a passé en détention avant de comparaître, ce lundi 19 octobre, devant la section antiterroriste du tribunal du Plateau.
Arrêté fin septembre 2025, un mois avant la présidentielle dont Laurent Gbagbo était exclu, il a vu les charges les plus lourdes tomber. Une ordonnance du 7 septembre 2026 a abandonné l'essentiel du dossier et requalifié l'atteinte à l'autorité de l'État en complot sans acte commis. Restent des délits. Pourtant, c'est toujours la section antiterroriste qui l'entend, relève Afrique sur 7.
Et la machine ne s'arrête pas à lui. Selon Le Quotidien d'Abidjan, Le Jour Plus et La Voie originale, Koua Justin, cadre du PPA-CI, est placé sous contrôle judiciaire après son audition. Le Nouveau Réveil rapporte la même mesure pour Georges Ezaley et Roger M'bia, visés par 17 chefs d'accusation. Côté PDCI-RDA, Fraternité Matin fait état de six cadres convoqués, et le vieux parti dénonce une pression.
Le Patriote et L'Avenir parlent d'un faux procès en harcèlement. Le Temps dénonce une instrumentalisation de la justice. Générations Nouvelles juge préoccupante la position du RHDP, qui refuse le dialogue sur la réforme du cadre électoral. Pascal Affi N'Guessan accuse lui aussi le pouvoir d'éviter ce débat.
Reste un détail qui dérange. Le journaliste d'Afrique sur 7 note que Lasm demeure détenu, alors que d'autres, visés par des charges plus nombreuses, sont laissés libres sous contrôle judiciaire. Deux poids, deux mesures ? La question est posée, pas tranchée.
Une démocratie se juge à la façon dont elle traite ses opposants une fois l'élection passée. Pour la jeunesse ivoirienne, qui votera encore longtemps après 2050, la confiance dans l'arbitre compte autant que le résultat. Une justice perçue comme partiale fabrique du désengagement, pas de la stabilité.
Un opposant peut-il encore faire de la politique en Côte d'Ivoire sans craindre la convocation ? Dites-nous ce que vous en pensez.
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