Une opération à Abobo a permis la saisie de 464 kilos de médicaments falsifiés ou non conformes, un nouveau coup de projecteur sur le marché parallèle du médicament en zone urbaine.
Publié le 10 octobre 2026 à 12:28

Ecouter l'article
464 kilos. Posés sur une table, ces cartons de médicaments ne ressemblent à rien de spectaculaire. Mais chaque boîte aurait pu finir dans l'organisme d'un patient qui pensait se soigner.
Une opération menée à Abobo, l'une des communes les plus peuplées d'Abidjan, a permis la saisie de 464 kilos de médicaments de qualité inférieure et falsifiés, rapporte Abidjan.net le 9 octobre. Le détail des structures impliquées n'a pas été précisé dans l'annonce, mais la saisie illustre un phénomène que les autorités sanitaires ivoiriennes traquent depuis des années : la vente informelle de médicaments, souvent à même le sol des marchés, hors de tout circuit pharmaceutique contrôlé.
Pourquoi ce marché tient-il bon malgré les saisies répétées ? Parce qu'il répond à une demande réelle. Un antalgique ou un antibiotique de rue coûte souvent une fraction du prix d'une pharmacie officielle, dans un pays où l'accès à l'assurance santé universelle progresse mais reste incomplet. Des millions d'Ivoiriens, en particulier les jeunes aux revenus irréguliers, achètent encore leurs médicaments au vendeur du coin plutôt qu'au comptoir d'une officine.
Le problème, c'est que personne ne garantit ce qui se trouve réellement dans ces plaquettes. Un dosage erroné, une substance absente, et c'est l'efficacité du traitement, parfois la vie du patient, qui est en jeu.
L'Organisation mondiale de la santé estime qu'un médicament sur dix circulant en Afrique subsaharienne serait de qualité inférieure ou falsifié. Une saisie de plus à Abobo ne résout pas ce chiffre à elle seule.
Combien de temps la Côte d'Ivoire pourra-t-elle multiplier les saisies sans s'attaquer à la raison pour laquelle tant de familles achètent encore leurs médicaments en dehors des pharmacies ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…