À Cocody, la ministre Nassénéba Touré a retrouvé trois anciens enfants et adolescents vulnérables accompagnés par le PPEAV, aujourd'hui vitrier en formation et couturières installées. Le vrai test d'une politique de protection de l'enfance ne se joue jamais au moment du sauvetage, mais après.
Publié le 13 août 2026 à 14:28 — mis à jour le 22 septembre 2026 à 21:23

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Deux ans plus tôt, Allah Ariel dormait dehors. Aujourd'hui il a 17 ans, il pose des vitres sur un chantier d'Abobo-Biabou, et il rentre le soir chez sa famille, à Biabou. Entre les deux, il y a eu un Bureau d'Écoute et d'Orientation, six mois de patience, et une décision simple : ne pas le laisser où la rue l'avait mis.
Mardi 11 août, la ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, Nassénéba Touré, est venue vérifier ça de ses propres yeux.

À Cocody, elle a retrouvé trois anciens bénéficiaires du Programme de Protection des Enfants et Adolescents Vulnérables (PPEAV). Il y a Ariel, le futur vitrier. Et il y a Allouébié Moïse Déborah Rita, 23 ans, et Touré Katchio Sabine, 25 ans, repérées en pleine précarité familiale, formées à la couture par les Institutions de Formation et d'Éducation Féminine. Les deux jeunes femmes travaillent aujourd'hui dans un atelier. Leur prochain objectif ? Ouvrir le leur.
Pourquoi s'arrêter sur trois trajectoires individuelles plutôt que sur un communiqué ministériel classique ? Parce que le vrai test d'une politique de protection de l'enfance, ce n'est jamais le sauvetage. C'est ce qui vient après. Entre 2020 et 2022, le PPEAV a mené 531 maraudes et recensé plus de 21 000 enfants en situation de rue en Côte d'Ivoire. Un chiffre énorme. Et un chiffre qui, seul, ne dit rien de ce que ces enfants sont devenus.
C'est là que la visite de Cocody prend son sens. L'État a mis 1,2 milliard de FCFA sur la table pour un plan d'urgence, ouvert cinq centres d'accueil entre Yopougon, Cocody, Port-Bouët, Marcory et Abobo.
La question qui compte, ce n'est pas combien d'enfants ont été retirés de la rue. C'est combien, des années plus tard, ont un métier, une famille, un avenir. « Ces parcours nous rappellent qu'aucun enfant ne doit être laissé pour compte », a déclaré la ministre sur place, appelant les bénéficiaires à la rigueur et à la persévérance.
Une Afrique qui veut peser en 2050 ne peut pas se permettre de perdre des générations entières dans la rue. Un vitrier formé, une couturière installée à son compte, ce sont des impôts payés et des familles reconstruites, loin des filières qui prospèrent précisément là où l'État recule.
Reste une question, la seule qui vaille vraiment : sur les 21 000 enfants recensés depuis 2020, combien ont eu la chance d'Ariel, de Rita et de Sabine ?
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