Fini d'exporter la matière brute et de racheter le chocolat fini. À Duékoué, l'OIA café-cacao veut planter les bases d'une transformation locale à grande échelle.
Publie le 23 juillet 2026 à 20:08 - mis a jour le 3 septembre 2026 à 02:51

Ecouter l'article
Dix mille producteurs réunis dans une même salle, ce n'est pas rien dans une filière habituée à travailler dispersée. C'est pourtant le pari de l'Organisation interprofessionnelle agricole café-cacao, qui a rassemblé cette semaine à Duékoué des milliers de planteurs pour lancer une nouvelle campagne de transformation locale, rapporte KOACI.
La Côte d'Ivoire produit environ 40 % du cacao mondial, mais transforme encore une part minoritaire de sa récolte sur place, un paradoxe que dénoncent depuis des années les économistes du secteur.
Agence Ecofin précise que l'objectif affiché par l'OIA est de faire remonter la part de fèves transformées localement, pour capter davantage de valeur ajoutée avant l'exportation. Le communiqué gouvernemental cité par Abidjan.net évoque un accompagnement technique et financier des coopératives volontaires, sans détailler encore les montants engagés.
Le premier producteur mondial de cacao continue, pour l'essentiel, à vendre sa matière première pour racheter ensuite du chocolat fini fabriqué ailleurs. Ce n'est pas un problème agricole, c'est un problème de souveraineté industrielle.
Transformer chez soi, c'est garder chez soi les emplois, les usines et la marge que d'autres empochent depuis des décennies. À l'échelle du continent, c'est exactement le genre de bascule qui décide si l'Afrique de 2050 exporte des matières premières ou des produits finis.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…