À Newtown, Abidjan et Accra ont posé les 78 premières bornes d'une frontière commune de 150 km, entre technologie satellitaire et promesse de bon voisinage.
Publié le 23 septembre 2026 à 12:07 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 06:48

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Un homme en boubou traditionnel pose la main sur une borne de béton fraîchement coulée, entouré de militaires ivoiriens et ghanéens qui échangent des poignées de main devant les caméras. Ce mardi 22 septembre à Newtown, ville frontalière du Ghana, la scène a des allures de cérémonie diplomatique, mais elle scelle un chantier technique de plusieurs mois : 78 nouvelles bornes plantées sur 150 kilomètres, entre les repères BP45 et BP55, pour redessiner au mètre près une frontière vieille de plus d'un siècle.
Selon Diakalidia Konaté, secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d'Ivoire, la coopération avec Accra "s'est bonifiée" ces derniers mois. Une opération de terrain menée du 2 au 21 février 2026 a permis à des équipes mixtes d'utiliser une technologie satellitaire de pointe, le Hxgn SmartNet PPP, pour corriger en temps réel le tracé dans des zones sans couverture réseau, confirme un compte rendu relayé par APA News. Le général-major Anthony Ntem, qui dirige la commission ghanéenne des frontières, résume l'esprit de l'opération : "Ce n'est pas la division des frontières, mais c'est plutôt la connexion", d'après des propos rapportés par Afriksoir.
Dans une Afrique de l'Ouest où des kilomètres de terres mal délimitées nourrissent depuis des décennies des tensions entre communautés agricoles et pastorales, ce chantier discret vaut plus qu'un exercice cartographique. Il sécurise l'accès aux champs, aux marchés et aux liens familiaux qui traversent la ligne sans la voir, écrit Linfodrome en évoquant les localités de Newtown et Affiénou, dans le département d'Aboisso.
Braquons maintenant les projecteurs sur 2050. Une Afrique de l'Ouest qui aura réussi son intégration régionale ne sera pas celle qui aura effacé ses frontières, mais celle qui les aura rendues invisibles pour ses habitants, poreuses au commerce, fermes contre les trafics. La seconde phase, promise avant fin 2026 avec une cérémonie prévue jeudi à Dibi, dira si cette ambition tient la route au-delà des discours.
Et si la vraie mesure du bon voisinage entre pays africains se jouait moins dans les sommets que dans le silence d'une borne plantée à la bonne place ?
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