Pickups, motos, drones, zodiacs : le Conseil national de sécurité a doté gendarmes et préfets d'un arsenal inédit pour traquer les sites d'orpaillage clandestin. Sur le terrain, une question domine déjà : qui rouvrira les sites une fois les forces de l'ordre reparties ?
Publié le 2 octobre 2026 à 10:12

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Quarante-huit pickups. Quarante véhicules de transport de troupes. Trois cent soixante motos. Trente-cinq drones. La liste a de quoi impressionner, et c'est précisément l'objectif.
Le Conseil national de sécurité (CNS) ivoirien vient de doter la gendarmerie et les autorités préfectorales d'un arsenal logistique inédit pour traquer l'orpaillage clandestin, rapporte la presse ivoirienne dans sa revue de ce 1er octobre. L'Expression parle d'une "artillerie lourde" déployée sur le terrain.
Le Premier ministre Téné Birahima Ouattara a été sans ambiguïté : "la détermination de l'État ne faiblira pas." Fidèle Sarassoro, secrétaire exécutif du CNS, promet de "pourchasser sans relâche tous les acteurs impliqués."
Mais sur le terrain, des voix s'élèvent déjà, et pas seulement celles des défenseurs de l'orpaillage illégal. Le corps préfectoral lui-même s'inquiète : six mois, c'est le délai fixé pour cette opération, et certains craignent que ce ne soit pas suffisant pour transformer un coup de filet en victoire durable. L'Avenir pose la question qui fâche : qui rouvre les sites une fois les forces de sécurité reparties ?
C'est toute la difficulté de la lutte contre l'orpaillage clandestin en Afrique de l'Ouest. L'or attire parce qu'il paie plus vite que le cacao ou le coton, et parce que des milliers de jeunes sans emploi formel y voient une des seules portes d'entrée dans l'économie. Réprimer sans offrir d'alternative, c'est repousser le problème de quelques mois, pas le résoudre.
D'ici 2050, la Côte d'Ivoire ne pourra pas se contenter de drones et de zodiacs pour régler ce qui est, au fond, un problème de redistribution des richesses minières et d'absence d'emplois alternatifs dans les zones rurales aurifères.
Ces 35 drones suffiront-ils à faire ce que des années de brigades n'ont pas réussi à faire : couper le lien entre un site d'orpaillage fermé un jour et rouvert le lendemain ?
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