Un nouveau décret interdit temporairement la pêche en mer, en lagune et sur les lacs ivoiriens. La production nationale a chuté de 34% en quatre ans, et l'État mise sur le repos biologique pour inverser la tendance.
Publié le 16 octobre 2026 à 09:25 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 21:55

Pendant quelques semaines, les filets vont rester à terre. Pas par choix, mais par décret.
Le Conseil des ministres, réuni mercredi à Abidjan, a adopté un texte instituant des périodes de repos biologique dans les eaux maritimes, lagunaires et lacustres du pays, selon Yeclo.com, qui précise que l'interdiction s'appliquera aux navires, aux embarcations et aux pêcheurs eux-mêmes.
Kaweru.com, qui a suivi la même séance, confirme que l'objectif est de laisser les populations de poissons se reconstituer avant d'être de nouveau exploitées.
Le chiffre qui justifie la mesure fait mal : la production halieutique ivoirienne est passée de 104 233 tonnes en 2016 à 68 711 tonnes en 2020, un recul de 34,1 %. Derrière cette statistique, ce sont des marchés de poissonnières qui se vident un peu plus chaque année, et des familles de pêcheurs qui voient leurs prises fondre.
Le dispositif existe déjà depuis 2023 pour la pêche maritime, reconduit en 2024. Pour les eaux continentales, en revanche, la campagne 2025 reposait sur le volontariat. Cette fois, la loi s'impose à tous, avec des sanctions prévues par le texte de 2016 : amende, prison, ou les deux.
Un stock de poissons qui s'effondre, c'est une génération de pêcheurs qui perd son métier, puis une génération de consommateurs qui perd une protéine accessible.
La Côte d'Ivoire n'est pas seule dans ce cas : du Sénégal au Ghana, la surpêche grignote une ressource que l'Afrique de l'Ouest avait longtemps considérée comme infinie. Imposer un repos, c'est accepter une perte à court terme pour espérer une récolte plus tard.
Combien de temps un pêcheur ivoirien peut-il tenir sans pêcher, en attendant que la mer se refasse ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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