Lancée à Daloa, la nouvelle campagne café-cacao mise sur un système national de traçabilité censé suivre chaque sac de fèves jusqu'à l'exportation et protéger le prix payé au planteur.
Publié le 6 octobre 2026 à 11:38

Ecouter l'article
Daloa, cœur du verger ivoirien. C'est là que le Conseil du Café-Cacao a choisi de lancer la campagne 2026-2027, sous un mot d'ordre : respect des prix et traçabilité, rapporte l'Agence ivoirienne de presse (AIP).
Au centre du dispositif, un système national de traçabilité censé suivre chaque sac de fèves depuis le verger jusqu'à l'exportation, présenté en détail lors d'une cérémonie relayée par Abidjan.net. L'objectif est de mettre fin aux circuits parallèles et garantir que le prix fixé au planteur soit effectivement celui qu'il touche entre ses mains.
Le moment n'est pas choisi au hasard. La précédente campagne s'est achevée sur une chute brutale du prix garanti aux producteurs, passé de 2800 à 1200 FCFA le kilogramme, en écho à l'effondrement des cours mondiaux documenté par l'Agence Ecofin. Pour des centaines de milliers de planteurs, la traçabilité promise ne vaut que si elle s'accompagne d'une vraie protection contre ces à-coups de prix.
Le cacao représente 14 pour cent du PIB ivoirien et fait vivre, directement ou indirectement, cinq millions de personnes. Dans un pays qui veut transformer localement une part croissante de sa production d'ici 2050, savoir précisément d'où vient chaque fève est une condition pour en capter davantage la valeur, pas une fin en soi.
Un système de traçabilité peut suivre un sac de cacao à la perfection. Peut-il, à lui seul, protéger le revenu du planteur quand les cours de Londres et New York décident, seuls, du prix de son travail ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…