À l'ouverture du premier Salon national du karité, la Première Dame a plaidé pour que les productrices bénéficient davantage des retombées économiques d'une filière qui les emploie massivement.
Publié le 14 octobre 2026 à 10:20 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:16

"Le karité est une richesse précieuse pour notre pays." La phrase est simple, presque évidente. Mais mardi 13 octobre, au Palais des Congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, Dominique Ouattara l'a prononcée devant une filière qui en a besoin : plus de 152 000 acteurs, en grande majorité des femmes, qui collectent, transforment et vendent le beurre de karité ivoirien.
La Première Dame présidait l'ouverture du premier Salon national du karité. Plus de 100 millions de FCFA de dons, en nature et en espèces, ont été annoncés au profit de la filière. Un geste. Mais le message central était ailleurs, les productrices doivent profiter davantage des retombées de leur propre travail. Elle a appelé les institutions financières, les entreprises et les partenaires au développement à renforcer leur accompagnement.
Pourquoi cette filière mérite plus qu'un salon et des dons ponctuels ? Parce qu'elle concentre ce que l'économie ivoirienne cherche depuis des années sans toujours y arriver : une activité majoritairement féminine, ancrée dans les régions, avec un potentiel d'export largement sous-exploité face à la demande mondiale en cosmétique naturelle. Le karité ivoirien pourrait peser bien plus lourd s'il sortait du seul artisanat pour entrer dans des chaînes de valeur structurées, financées, traçables.
L'Afrique de 2050 ne se construira pas seulement avec des mines et du pétrole. Elle se construira aussi avec ces filières agricoles féminines, invisibles dans les grands discours macroéconomiques, mais bien réelles dans les villages.
Donner à 152 000 femmes les moyens de transformer et de vendre elles-mêmes, plutôt que de céder leur production au plus bas prix, c'est déjà une politique de développement.
Reste à savoir si les 100 millions de FCFA annoncés mardi se transformeront en crédits accessibles, ou resteront un chiffre de cérémonie. La différence se verra à la prochaine récolte.
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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