Sept organisations professionnelles agricoles prennent leurs distances avec l'appel a la greve du SYNAP-CI et reclament plutot la dissolution de l'OIA, un audit des fonds et une subvention exceptionnelle.
Publié le 16 septembre 2026 à 11:13 — mis à jour le 26 septembre 2026 à 10:00

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« Oui à une motion de grève pour la défense des intérêts des producteurs, non à une motion de grève pour exiger le départ de qui que ce soit. » La phrase, publiée dans la nuit du 15 au 16 septembre, sonne comme une mise au point cinglante à l'intérieur même du mouvement paysan ivoirien.
Sept organisations professionnelles agricoles (OPA) ont pris leurs distances avec l'appel à la grève lancé par le SYNAP-CI, qui exigeait le départ du directeur général de l'Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) café-cacao, rapporte Connection Ivoirienne. Au lieu de cibler un homme, les sept organisations réclament la dissolution pure et simple de l'OIA, créée en 2025, et son remplacement par une nouvelle structure.
Elles demandent aussi un audit sur la gestion des fonds publics, une subvention gouvernementale exceptionnelle pour compenser le prix bord champ fixé à 1200 FCFA le kilo, et un renforcement de la sécurité aux frontières pour freiner l'exportation clandestine.
Derrière cette scission apparente, un même constat. La chute du prix payé aux 868 000 producteurs ivoiriens, passé de 2800 à 1200 FCFA en une campagne, a mis à nu les failles d'une gouvernance de la filière que même les syndicats jugent illisible.
Premier exportateur mondial de cacao, la Côte d'Ivoire ne pourra pas indéfiniment faire porter aux planteurs le poids des fluctuations des marchés de Londres et New York sans réformer en profondeur les institutions censées les protéger. Une filière qui se divise au lieu de faire front commun face à l'État perd en crédibilité, jusque dans ses revendications les plus légitimes.
D'ici 2050, l'Afrique de l'Ouest ne pèsera sur le marché mondial du cacao que le jour où ses producteurs auront des institutions qu'ils reconnaissent eux-mêmes comme légitimes.
Une filière cacao divisée entre syndicats a-t-elle encore les moyens de peser face à l'État ?
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