Un déficit de 2 898 milliards de FCFA sur le budget 2024, et seulement neuf ministères jugés efficaces sur trente-quatre évalués. Le rapport de la Cour des comptes ivoirienne, resté discret dans la presse proche du pouvoir, pose une question de gouvernance que l'opposition ne manquera pas de relayer.
Publié le 2 octobre 2026 à 09:39 — mis à jour le 2 octobre 2026 à 10:15

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Neuf sur trente-quatre. C'est le nombre de ministères jugés efficaces par la Cour des comptes ivoirienne dans son dernier rapport, selon les chiffres relayés par Le Nouveau Réveil dans sa revue de presse du 1er octobre. Vingt-cinq ministères, en clair les trois quarts du gouvernement, sont pointés pour leur gestion du budget 2024.
Dernière Heure chiffre le choc : un déficit de 2 898 milliards de FCFA sur l'exercice budgétaire concerné, soit l'équivalent de plusieurs grands projets d'infrastructure que le pays aurait pu financer avec cette somme si elle avait été maîtrisée. Un rapport d'institution publique, documenté et chiffré, qui tranche avec le ton habituellement mesuré de ce genre de document administratif.
Fait notable relevé par la presse ivoirienne elle-même : les titres proches du pouvoir ont largement laissé ce rapport en dehors de leurs premières pages. Un silence qui, à lui seul, devient une information, dans un pays où la Cour des comptes reste l'une des rares institutions capables de documenter publiquement les failles de gestion de l'État.
Pour une Côte d'Ivoire qui vise le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur et multiplie les grands chantiers, ce type de rapport n'est pas un détail technique. C'est un test de la capacité de l'État à transformer la croissance affichée en gestion rigoureuse de l'argent public, ministère par ministère.
D'ici 2050, aucune économie africaine ne pourra se payer le luxe de voir les trois quarts de son administration jugée peu efficace sur l'argent qu'elle gère. La croissance ne suffit pas si elle fuit par les failles de la gouvernance.
Combien de ces 25 ministères pointés aujourd'hui seront encore sur la liste l'année prochaine, si personne n'en tire de conséquences concrètes ?
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