Le ministère de l'Éducation interdit aux enseignants ivoiriens de monnayer des cours de renforcement à leurs propres élèves. Une mesure qui vise une pratique devenue presque une norme silencieuse dans les salles de classe.
Publié le 3 octobre 2026 à 08:17

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Chaque dimanche soir, dans des milliers de foyers ivoiriens, le même rituel discret : un billet glissé dans une enveloppe, destiné au professeur de mathématiques ou de français de l'enfant. Pas un cadeau. Une assurance. Celle que la note du lundi ne tombera pas trop bas.
Cette pratique, l'État ivoirien vient de la mettre hors la loi. Dans une note datée du 1er octobre 2026, la Direction des écoles, lycées et collèges (DELC) interdit formellement aux enseignants de faire payer des cours de renforcement à leurs propres élèves. Une directive qui compte, parce qu'elle touche au socle de la promesse républicaine en Afrique : une école publique gratuite qui tient parole.
Le constat est sévère. La pratique "tend malheureusement à se banaliser", écrit le directeur Zamblé Bi Zamblé Germain dans une note relayée par Ivoireactu, qui y voit une dérive éthique et déontologique. News.abidjan.net confirme l'esprit du texte : la réussite scolaire "ne saurait être conditionnée au paiement" de prestations supplémentaires, et aucun enseignant ne peut "solliciter ni exiger" de l'argent auprès des parents.
Connection Ivoirienne précise que le ministère de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique (MENAET) encourage plutôt les professeurs à muscler la qualité de leurs cours pendant les heures officielles.
Ce que la mesure ne dit pas, c'est comment elle sera contrôlée. Aucune sanction précise, aucun mécanisme de vérification annoncé. Une interdiction sur le papier ne déplace jamais une habitude ancrée dans la peur du redoublement.
L'enjeu dépasse la Côte d'Ivoire. Partout sur le continent, l'école publique doit prouver qu'elle suffit, sans supplément caché, à une jeunesse qui sera majoritaire dans le monde d'ici 2050.
Si l'Afrique veut cette jeunesse formée, elle ne peut pas lui vendre deux fois le même cours.
Et vous, avez-vous déjà payé, ou vu payer, un professeur pour sauver une moyenne ?
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