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La Côte d'Ivoire a collecté 4 728 milliards FCFA de recettes en 2025. Ce chiffre dit beaucoup sur la montée en puissance de la machine fiscale ivoirienne — mais aussi sur ce que cet argent finance vraiment, et ce qu'il ne finance pas encore assez.
Publié le 28 avril 2026 à 20:29 UTC+0

4 728 milliards de francs CFA. C'est ce que la Côte d'Ivoire a collecté en recettes fiscales et douanières en 2025. Pour donner une échelle : c'est environ 7,2 milliards d'euros, soit plus que le budget annuel de plusieurs pays de la région réunis. Ce chiffre est le signe d'une machine fiscale qui fonctionne, mais aussi d'enjeux politiques qu'il faut regarder en face.
La Côte d'Ivoire s'est dotée d'une administration fiscale modernisée au cours des dix dernières années. La Direction Générale des Impôts a déployé des systèmes numériques de déclaration et de paiement qui ont réduit la fraude et l'évasion fiscale dans le secteur formel. Les recettes douanières ont été renforcées par la numérisation des procédures portuaires au Port d'Abidjan, premier port de la sous-région.
La croissance économique soutenue, autour de 6,5 à 7% par an depuis plusieurs années, élargit mécaniquement la base imposable. Plus d'entreprises créées, plus de transactions, plus de valeur ajoutée à taxer.
Le PND 2026-2030, voté cette semaine au Sénat, engage 114 000 milliards FCFA sur cinq ans. Même si 70% doivent venir du secteur privé, les recettes publiques financent les infrastructures, l'éducation, la santé et la sécurité. En 2025, les investissements publics ont notamment alimenté les chantiers routiers en dehors d'Abidjan et les nouvelles universités régionales.
Mais des angles morts persistent. Le secteur informel, qui emploie plus de 80% des travailleurs ivoiriens, reste très faiblement taxé. La pression fiscale sur les grandes entreprises du secteur extractif or, cacao, pétrole fait l'objet de débats récurrents sur l'optimisation fiscale et les avantages accordés aux investisseurs étrangers.
Un État qui collecte bien n'est pas nécessairement un État qui redistribue bien. Le vrai test de la performance fiscale ivoirienne n'est pas dans le chiffre de 4 728 milliards il est dans la qualité des services publics reçus par une femme de Daleu qui accouche sur une moto sur une piste défoncée, ou par un élève d'Abobo qui apprend sans manuel scolaire.
Les ressources sont là. La question est toujours de savoir où elles vont.
Tu sens que les impôts que tu paies ou que tu croises reviennent à toi ?
Source image de couverture : Fratmat info
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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