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En 2025, 8 500 cas de violences basées sur le genre ont été officiellement recensés en CI. Ce chiffre ne représente qu'une fraction de la réalité. Causes structurelles, verdict Ben Badi, ce que les femmes ivoiriennes peuvent faire.
Publié le 30 avril 2026 à 07:07 UTC+0

En 2025, 8 500 cas de violences basées sur le genre ont été officiellement recensés en Côte d'Ivoire. Ce chiffre, publié dans un rapport relayé par Yessouan.ci, est à la fois un signal d'alarme et le reflet d'une réalité qui dépasse largement ce que les statistiques peuvent capturer.
Les violences basées sur le genre désignent toutes les formes de violence exercées contre une personne en raison de son sexe : violences physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, mariages forcés, mutilations génitales féminines. En Côte d'Ivoire, les études montrent que seule une fraction des victimes porte plainte ou signale les faits. Le chiffre réel est donc bien supérieur à 8 500.
En 2025, le tribunal d'Abidjan a condamné Abdoulaye Traoré dit Ben Badi à 3 ans de prison pour un viol commis en 2021. La Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes a salué ce verdict comme un signal que la justice peut fonctionner. Mais une condamnation pour des faits de 2021 traduite en 2025 dit aussi quelque chose sur la lenteur du système judiciaire face aux violences faites aux femmes.
Les violences basées sur le genre ne surgissent pas du vide. Elles s'alimentent d'un ensemble de facteurs documentés en CI : persistance de normes sociales qui tolèrent certaines formes de violence domestique, faible taux de signalement dû à la peur des représailles et à la honte sociale, insuffisance des structures d'accueil et d'accompagnement des victimes hors d'Abidjan, méconnaissance des droits par de nombreuses femmes — notamment en zones rurales.
Le PND 2026-2030 contient des engagements sur le renforcement des droits des femmes et la lutte contre les violences de genre. Mais les plans quinquennaux ne changent pas les comportements. Ce qui change les comportements, c'est la combinaison de lois appliquées, de condamnations visibles, d'éducation continue et de transformation culturelle lente mais réelle.
Signaler. Accompagner les victimes dans leur entourage. Refuser la normalisation. Et exiger des institutions — police, justice, hôpitaux — qu'elles traitent ces dossiers avec le sérieux qu'ils méritent.
L'Afrique de 2050 sera ce que ses femmes décident de construire. Et cette construction commence par refuser que 8 500 cas soient un chiffre acceptable.
Est-ce que tu penses que la CI traite suffisamment sérieusement les violences faites aux femmes ?
Source Image de couverture : BBC Afrique
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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