Le parquet d'Abidjan demande l'autorisation de poursuivre un député présenté comme le financier et commanditaire présumé des démolitions controversées de Koumassi Campement.
Publié le 18 septembre 2026 à 10:43 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 15:30

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Les gravats encore chauds. Une famille de Koumassi Campement fouille les décombres de ce qui fut sa maison, à la recherche d'un cahier d'école ou d'une photo. Cette scène, répétée des dizaines de fois en quelques jours, porte désormais un nom sur un dossier judiciaire : celui d'un député.
Le parquet d'Abidjan a enclenché, le 17 septembre, une procédure inédite pour obtenir l'autorisation de poursuivre ce parlementaire, présenté comme le financier et le commanditaire présumé de l'opération de démolition, rapporte Connectionivoirienne. La demande part vers l'Assemblée nationale, où l'immunité de l'élu visé impose ce passage obligé avant toute poursuite.
Deux jours plus tôt, les 15 et 16 septembre, le procureur de la République Braman Koné avait détaillé les responsabilités présumées dans ce dossier, jusqu'à celle du gouverneur du district d'Abidjan, lui-même entendu par la justice. Cest la première fois qu'un dossier de démolition de logements informels remonte aussi haut dans la chaîne politique ivoirienne, avec un élu nommément mis en cause.
Car Koumassi Campement n'est pas un cas isolé sur le continent. De Lagos à Nairobi, des quartiers entiers grandissent sans titre foncier, tolérés pendant des années, puis rasés du jour au lendemain quand un projet immobilier devient rentable pour quelqu'un. La question n'est jamais seulement urbanistique. Elle est politique, foncière, et souvent électorale. Qu'un député soit visé comme commanditaire présumé d'une démolition pose une question brutale : qui décide, en réalité, du sort des quartiers précaires en Afrique de l'Ouest, l'administration ou des intérêts privés protégés par un statut d'élu ?
D'ici 2050, les villes africaines devront loger deux fois plus d'habitants qu'aujourd'hui, sans que le logement informel ne soit réglé nulle part sur le continent. Ce dossier ivoirien, si l'immunité tombe, pourrait devenir un précédent : celui d'une justice capable de remonter jusqu'aux commanditaires politiques d'une démolition, et pas seulement jusqu'aux bulldozers.
L'Assemblée nationale ivoirienne lèvera-t-elle l'immunité de ce député, ou ce dossier s'arrêtera-t-il, comme tant d'autres, à la porte du Parlement ? Dites-nous ce que vous attendez de cette affaire.
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