Le Conseil national de sécurité suspend pour six mois toutes les autorisations d'orpaillage semi-industriel et artisanal en Côte d'Ivoire et déploie 21 pelotons fluviaux sur les cours d'eau.
Publié le 18 septembre 2026 à 10:44 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 05:29

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Les mains dans la boue jusqu'aux coudes, à guetter le reflet jaune dans le tamis. Ce geste, des milliers de jeunes Ivoiriens le répètent chaque matin le long des fleuves du pays. Depuis le 17 septembre, il est officiellement suspendu.
Réuni sous la présidence d'Alassane Ouattara, le Conseil national de sécurité a décrété l'arrêt de toutes les autorisations d'orpaillage semi-industriel et artisanal pour une durée de six mois, selon RTI Infos. Vingt et un pelotons fluviaux seront déployés pour surveiller les cours d'eau. On note aussi la saisie de 183 tonnes de faux médicaments et la destruction de 56 fumoirs de drogue lors d'opérations récentes. L'orpaillage clandestin pollue les fleuves qui irriguent des régions entières et nourrit des réseaux qui échappent à tout contrôle de l'État.
Derrière la mesure sécuritaire se cache un paradoxe bien africain. L'or artisanal fait vivre des familles entières, de Bonikro à Tortiya, quand l'État peine à créer des emplois formels au même rythme que la jeunesse arrive sur le marché du travail.
Suspendre du jour au lendemain une activité qui nourrit des villages, c'est risquer de pousser certains vers une clandestinité totale. Mais laisser filer le mercure et le cyanure dans les fleuves, c'est hypothéquer l'eau potable de demain. Abidjan mise sur une autre carte : structurer le secteur, une stratégie à lire aussi à la lumière de l'annonce, le même jour, d'une future unité d'affinage capable de traiter 100 tonnes d'or par an.
D'ici 2050, le continent qui détient une bonne part des réserves d'or mondiales devra choisir entre exporter du minerai brut ou capter la valeur ajoutée chez lui, avec des filières tracées et des rivières encore vivables pour les générations suivantes. La Côte d'Ivoire teste, avec cette suspension, un pari risqué : mettre l'informel entre parenthèses le temps de bâtir un cadre plus solide, sans perdre les milliers de bras qui en dépendent.
Six mois suffiront-ils à réorganiser un secteur qui fait vivre des communautés entières sans les jeter dans la précarité ? Dites-nous ce que vous en pensez.
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