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De 1 534 morts en 2022 à 125 en 2025 : la Côte d'Ivoire a divisé par plus de 12 les décès liés au paludisme en trois ans. Une victoire de santé publique spectaculaire — surtout pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Pourquoi personne n'en parle ?
Publié le 29 avril 2026 à 18:40 UTC+0

En 2022, 1 534 personnes mouraient du paludisme en Côte d'Ivoire. En 2025, ce chiffre était tombé à 125. En trois ans, les décès ont été divisés par plus de 12.
C'est l'une des victoires de santé publique les plus spectaculaires de l'Afrique de l'Ouest récente. Et pourtant, personne n'en parle.
Il n'y a pas de miracle dans ces chiffres. Il y a une politique structurée, déployée à grande échelle, qui a atteint ses cibles. Quatre leviers principaux ont été actionnés simultanément.
Premier levier : les moustiquaires imprégnées à longue durée d'action (MILDA). En 2021, 68% des ménages ivoiriens en utilisaient. En 2025, ce taux est passé à 81,3%. Plus de 14 millions de moustiquaires ont été distribuées en 2024. Dans les foyers ivoiriens, sous la moustiquaire, c'est souvent la femme et les enfants qui dorment en premier, ce sont aussi eux que le paludisme tue le plus.
Deuxième levier : la chimio-prévention saisonnière dans 10 districts sanitaires à haute transmission. Des médicaments préventifs distribués aux enfants pendant les saisons de risque.
Troisième levier : la vaccination antipaludique, introduite en juillet 2024. Plus de 49 000 enfants vaccinés lors de la première phase, avec une extension prévue.
Quatrième levier : la formation des agents de santé, notamment les sage-femmes, sur la prise en charge des femmes enceintes — population particulièrement vulnérable face au paludisme.
Le paludisme n'est pas une abstraction. C'est l'enfant de 2 ans qui convulse à 3 heures du matin. C'est la femme enceinte qui fait une fausse couche. C'est la journée de travail perdue, l'argent dépensé en médicaments, la peur que chaque fièvre soit mortelle.
En CI, le paludisme représente encore 30% des consultations médicales et reste la première cause de morbidité chez les enfants de moins de 5 ans. Mais la tendance s'inverse. L'incidence est passée de 270 cas pour 1 000 habitants en 2024 à 231 en 2025. À Abidjan, ce taux chute à 100 pour 1 000 — grâce à un environnement urbain mieux contrôlé.
Le Programme national de lutte contre le paludisme a fixé un cap ambitieux : élimination totale d'ici 2030. C'est audacieux pour un pays qui figure encore parmi les 10 plus touchés au monde. Mais les chiffres montrent que l'objectif n'est plus inatteignable.
L'Afrique de 2050 sera une puissance de santé si elle apprend à célébrer ses victoires autant qu'elle documente ses crises. Divisé par 12 en 3 ans — c'est une victoire qui mérite d'être criée.
Est-ce que ta famille a été touchée par le paludisme ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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