Le ministre des Mines annonce la mise en service prochaine de la SIMEP, une unité d'affinage d'or de 100 tonnes par an, prévue pour la mi-2027.
Publié le 18 septembre 2026 à 10:42 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 16:38

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Un lingot d'or extrait en Côte d'Ivoire, embarqué brut, raffiné ailleurs, revendu avec une valeur multipliée loin du pays qui l'a sorti de terre. Cette histoire, l'État ivoirien veut désormais l'écrire autrement.
Le ministre des Mines Mamadou Sangafowa-Coulibaly a annoncé, le 17 septembre, la prochaine opérationnalisation de la SIMEP, la Société ivoirienne de métaux précieux, selon l'AIP, l'Agence ivoirienne de presse.
Cette unité d'affinage, d'une capacité de 100 tonnes d'or par an, entrera en service au terme du premier semestre 2027. Le projet s'inscrit dans un contexte de lutte renforcée contre l'orpaillage illégal, la même semaine où le pays a suspendu pour six mois les autorisations d'exploitation artisanale. Pourquoi ça compte : jusqu'ici, l'essentiel de l'or ivoirien quitte le territoire à l'état brut, avant d'être raffiné et valorisé ailleurs.
Car c'est un vieux mal africain que la Côte d'Ivoire tente de corriger. Extraire la richesse, l'exporter brute, laisser à d'autres le soin de la transformer et d'en capter la marge.
ce schéma s'est répété du cacao au coton, du pétrole désormais à l'or. Beaucoup de pays africains producteurs d'or exportent encore l'essentiel de leur production sans affinage local à grande échelle, avant qu'elle ne revienne, transformée, avec une valeur ajoutée qui a quitté le continent entre-temps. En misant sur une capacité de raffinage capable d'absorber une large part de sa production nationale, Abidjan cherche à garder chez elle ce qui, jusque-là, s'évaporait à l'export.
D'ici 2050, la bataille économique du continent ne se jouera plus sur les tonnes extraites du sous-sol, mais sur la capacité à transformer ces ressources avant qu'elles ne franchissent une frontière. Un lingot raffiné à Abidjan plutôt qu'ailleurs, c'est un maillon de chaîne de valeur qui reste sur le continent, avec les emplois, la fiscalité et le savoir-faire qui vont avec.
La Côte d'Ivoire réussira-t-elle là où tant d'autres pays africains producteurs de matières premières ont échoué : transformer chez soi plutôt qu'exporter brut ? Partagez votre avis.
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